Violations des droits humains  
   

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Nouvelles exactions et arrestations
de membres de familles de "disparus" à Relizane

 

Le mercredi 22 mars 2000 lors d'un rassemblement à Relizane (Ouest de l'Algérie) les familles de "disparus" ont été brutalisées pour la deuxième fois consécutive. Une quarantaine de personnes, dont 25 femmes, ont été arrêtées à 9h du matin, au moment où la manifestation devait se mettre en route de la Place de la Résistance à Relizane.

Les personnes arrêtées ont été emmenées au poste de police et, sous des menaces de persécution et d'emprisonnement, ont été forcées de signer des procès verbaux incompréhensibles.

Le mercredi 8 mars près de 70 femmes, épouses, soeurs ou mères de "disparus", s'étaient rassemblées devant le siège de la wilaya pour dénoncer les enlèvements et réclamer justice. Les services de sécurité prises de court ont tenté de dispersé les manifestantes qui ont transformé leur sit-in en marche. Les autorités se sont concertées en particulier avec les responsables militaires et pris des mesures répressives pour éviter ce genre de manifestation.

C'est ainsi que lors du rassemblement du mercredi 15 mars, les familles de "disparus" ont été malmenées et une quarantaine de personnes, en majorité des femmes, arrêtées pour quelques heures. Le représentant de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) a été entendu et menacé par le Commissaire principal agissant sur ordre de la D.G.S.N. (Direction Générale de la Sûreté nationale).

 

Les dessous de l'affaire:

Nous rappelons que pendant des années les délégués exécutifs de plusieurs communes (DEC) - Maires désignés - faisant partie de la wilaya de Relizane, Hadj Fergane et Hadj Abed, ont semé la terreur avec leurs milices locales dans toute la wilaya et au-delà. Entre 1994 et 1997 des bandes privées sous leur commandement ont enlevé des dizaines de personnes qui ne sont plus réapparues. D'innombrables témoins ont vu Fergane en personne arrêter des victimes, le dernièr en date étant Benatia Derouiche, ancien repenti, qui a été arrêté par Fergane, son fils Ali et d'autres personnes cagoulées le 24 août 1996. Son frère Abdelkrim Derouiche avait été enlevé deux jours auparavant. Depuis la famille n'a plus aucune nouvelle d'eux.

En 1998, les habitants de la région de Relizane ont eu, pour quelques semaines seulement, l'occasion de dévoiler une infime partie des crimes commis par cet ancien membre du parti "présidentiel" RND au pouvoir. A cette époque l'opinion publique a appris avec effroi l'existence de charniers et a craint qu'une partie des personnes enlevées et "disparues" y soient enterrées.

Pour avoir abusé trop longtemps et de façon excessive de cette liberté d'agir, une de ces milices a été dissoute en 1997 mais près de 50 miliciens continuent d'agir sans être inquiétés. Suite aux révélations faites en 1998, Fergane a été arrêté momentanément mais sur interventions des plus hautes autorités rapidement mis en liberté provisoire et désarmé. Depuis, les victimes attendent de le voir passer en justice mais il bénéficie jusqu'à ce jour de protections multiples, locales et centrales, émanant des services impliqués eux-mêmes dans des affaires de disparitions.

Les familles des disparus qui protestent régulièrement à Relizane, s'adressent personnellement à Hadj Fergane en scandant "Fergane! Rendez nous nos enfants!", car même si celui-ci n'est plus DEC et a été exclu du parti, il a obtenu le poste de responsable des anciens Moudjahidines (Résistants de la guerre de libération) de la wilaya de Relizane avec la protection du Secrétaire général de l'Organisation nationale.

Les familles sont décidées de ne pas se laisser intimider et de persévérer dans leur combat pour que vérité soit dite et justice soit faite.

Elles ont besoin de nos protestations, notre soutien et notre solidarité.

 

Merci de bien vouloir écrire aux autorités algériennes en leur demandant de:

- faire cesser immédiatement toute forme de violence et de répression à l'encontre des familles de disparus et des défenseurs des droits de l'Homme qui manifestent pacifiquement;

- d'employer tous les moyens à leur disposition pour élucider les cas de "disparitions" et faire comparaître les responsables des enlèvements devant la justice;

- respecter les normes du droit international et les instruments juridiques régionaux auxquels l'Algérie a souscrit.

Adresses:
M. Bouteflika, Président de la République. Fax_: (+213 2) 59 25 79

M. Yazid Zerhouni, Ministre de l'Intérieur, Ministère de l'Intérieur, 18 rue
Docteur Saâdane, Alger, Algérie. Fax: (+213 2) 73 61 06

M. Ahmed Ouyahia, Ministre de la Justice, Ministère de la Justice, 8
Place Bir-Hakem El-Biar, Alger, Algérie. Fax (+213 2) 92 55 57

 

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