Fonction publique : la nouvelle grille adoptée par le gouvernement

L’augmentation des salaires en janvier 2008

El Watan, 13 septembre 2007

Les augmentations des salaires des 1,5 million de fonctionnaires, à la faveur de la mise en œuvre de la nouvelle grille des salaires, peuvent atteindre 56%. L’annonce en a été faite hier à Alger par le ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, lors d’un point de presse qu’il a animé conjointement avec le ministre des Finances, Karim Djoudi, à l’issue de la réunion du conseil de gouvernement.

Une réunion consacrée à l’examen et à l’adoption de l’avant-projet de la loi de finances 2008, la grille des salaires et l’avant-projet de loi modifiant la loi du 4 août 2005 relative à l’eau. « Les augmentations prévues dans le cadre de cette nouvelle grille varieront de 1 à 56% », déclare-t-il, en précisant que le point indiciaire sera désormais unifié. Ce point avec une valeur de 45 DA vient remplacer les 78 points indiciaires appliqués actuellement avec une valeur de 12 à 30 DA. Le conseil de gouvernement a examiné et avalisé dans ce sens le dispositif réglementaire constitué de 5 projets de décrets présidentiels, pris dans le cadre de la mise en œuvre « du nouveau système de classification et de rémunération des emplois publics ». Dans cette nouvelle grille des salaires, a révélé hier Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, « il y aura désormais 20 catégories de salariés, au lieu de 17, avec 4 paliers différents ». « Il y aura 12 échelons au lieu de 10, en plus de 7 subdivisions », indique le patron de l’UGTA en affirmant que l’augmentation des salaires des travailleurs et des enseignants du secteur de l’éducation variera de 6000 à 7000 DA. Cette grille sera, ajoute-t-il, applicable avec effet rétroactif. Le gouvernement a, indique pour sa part M. Djoudi, pris en considération cette augmentation devant intervenir en 2008 dans son budget de fonctionnement qui progresse de 21,4% par rapport à 2007. « Cette progression est le fait principalement de la progression de la masse salariale mouvementée par l’application du nouveau système de rémunération dans la Fonction publique (+166 milliards de dinars), de l’ouverture de 42 231 postes budgétaires pour la prise en charge du produit de la formation, de l’avancement dans les carrières du personnel et des impacts budgétaires, en année pleine, des recrutements opérés courant 2007 (+23,8 milliards de dinars) », explique le grand argentier du pays. Selon lui, d’autres mesures tendant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens ont été également prises. Il s’agit, entre autres, de la réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG) en fonction du niveau des salaires perçus par les travailleurs. Les catégories concernées par la réduction de l’IRG sont, explique-t-il, les travailleurs à faible revenu et ceux ayant un revenu intermédiaire. En outre, M. Djoudi annonce la révision du niveau du barème de l’IRG et le nombre de tranches de ce barème. « Les tranches du barème de l’IRG vont passer au nombre de 3 au lieu de 5 actuellement », souligne-t-il. L’avant-projet en question prévoit, en outre, la simplification des procédures fiscales, le renforcement des mesures de lutte contre l’évasion fiscale et la contrefaçon ainsi que l’encouragement de l’activité économique. Cet avant-projet porte aussi sur l’exemption de la TVA des laits infantiles, soumis actuellement à un taux de 7%. Revenant sur la crise de la pomme de terre, les représentants du gouvernement rappellent que la suppression des taxes pour l’importation de ce produit « est une mesure d’urgence prise pour pallier le déficit ». Selon M. Boukerzaza, « la levée des taxes pour l’importation de la semence de pomme de terre est l’une des mesures proposées à l’étude actuellement pour faire face à cette crise ». Le ministre de la Communication a esquivé toutefois la question concernant « le lancement des laboratoires algériens de production de la semence ».

Madjid Makedhi

 
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