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QUELLE
SOLUTION POUR LA CRISE EN KABYLIE ?
La
classe politique dans l’embarras
L'Expression,
8 décembre 2003 Le mouvement citoyen
ne laisse pas indifférent. Les partis politiques
en premier lieu.
La classe politique nationale s’est toujours montrée à des
degrés divers préoccupée de la situation en Kabylie.
A chaque évolution positive ou négative du conflit, les
partis n’ont pas manqué de s’exprimer faisant ressortir
des positions variant en fonction de leurs intérêts, mais
aussi de la question de l’heure.
Si pour certaines formations, l’influence sur les événements
n’a jamais dépassé le stade d’appréciation,
il n’en est pas de même pour d’autres, notamment
celles influentes dans la région, qui ont pesé de tout
leur poids dans la crise. En effet, le FFS, le RCD et à un degré moindre
le MDS, qui ont mis de côté conjoncturellement leurs querelles,
ont accompagné activement le mouvement citoyen sur lequel, ils
ont tenté d’influer en pesant sur les positions via leurs
militants présents dans les structures. Cela, en fonction, bien évidemment,
de leur stratégie. Ce qui se vérifiera bien sûr à travers
le cheminement du combat citoyen qui bouclera bientôt sa troisième
année. Le règlement de la crise en Kabylie par la voie
du dialogue a toujours été le souhait de la totalité des
acteurs politiques, mais il y a lieu de constater que leurs intentions
ne sont restées qu’au stade du discours. Cela cache mal
leur désir et leur volonté d’être le véritable
sinon l’unique interlocuteur du pouvoir.
Depuis que le mouvement citoyen a opté consensuellement à Amizour
pour le règlement de la crise par la voie du dialogue conditionné alors à un
seul préalable, à savoir l’engagement public et
officiel de l’Etat pour la satisfaction de la plate-forme d’El-Kseur,
les partis politiques étaient franchement sortis de leur réserve
pour peser de tout leur poids sur l’évolution de la situation.
La surenchère survenue depuis est, en fait, à mettre
sur le compte de la classe politique qui, à travers ses injonctions
sur le mouvement a réussi à «gonfler» la
liste des préalables. A Raffour les délégués
du mouvement citoyen ont réussi «à limiter la casse»,
en ne parlant que d’incidences qui nécessiteraient qu’un
engagement du pouvoir pour leur satisfaction afin d’engager réellement
le dialogue.
Cette option consensuelle s’est traduite sur le terrain par un
affolement de la classe politique qui sortait alors ses griffes au
fur et à mesure que la situation évoluait. Alors que
le dialogue est, apparemment, parti pour se concrétiser, la
classe politique reste focalisée sur particulièrement
l’une des 6 incidences retenues par les délégués
du mouvement citoyen. Il s’agit de la révocation des élus
qui concerne en premier lieu les partis politiques. Alors selon qu’on
soit présent ou non dans les différentes assemblées élues,
les positions varient sur cette question.
Le FFS, le FLN, le PT, le RND et le MRN, partis présents dans
les assemblées locales ou nationales se sont montrés
farouchement opposés à cette option de dissolution des
assemblées à l’exception du RND dont les acteurs
sont d’ores et déjà sur le terrain, qui reste le
seul à en tirer bénéfice en prévision de
la prochaine présidentielle d’avril 2004. Le FFS qui s’est
démarqué du mouvement citoyen à la veille de la
consultation électorale d’octobre 2002, en y prenant part,
voit mal le départ de ses représentants des assemblées
et reste franchement opposé à cette alternative.
Le Front de libération nationale marque aussi ses craintes si
cette option venait à se concrétiser, son refus est des
plus clairs, même si récemment, il prit fait et cause
pour les archs en inscrivant dans son programme électoral les
revendications contenues dans la plate-forme d’El-Kseur. Le PT
quant à lui affiche une position similaire, même s’il
n’est présent qu’au niveau de l’APN. Tous
ces partis se sont déclarés favorables à l’option
du dialogue comme moyen de règlement de la crise tout en essayant
de préserver leurs intérêts.
Ils sont, en somme, pour un dialogue «sdans exclusive».
Pour ce qui est du RCD et à un degré moindre le MDS,
l’option du dialogue n’est pas rejetée, bien au
contraire, elle demeure leur souhait. Ce qui leur tient à coeur
reste la dissolution des assemblées qui est, pour l’essentiel,
née de leur insistance.
Si l’ensemble de la classe politique est favorable au dénouement
de la crise par la voie du dialogue souhaité «sans exclusive» c’est-à-dire
avec leur entière participation, on reste cependant, partagé sur
l’incidence liée à la révocation des élus.
Cela se traduit, d’ailleurs, par la crise du mouvement citoyen.
La majeure partie de la dissidence obéit à la logique
qui ne voudrait pas d’un dialogue sans les partis politiques
et, par conséquent, à l’arrivée d’une
nouvelle génération politique dans le pays.
Arezki SLIMANI
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