Le leader historique du ffs rentre de suisse

Aït Ahmed à Alger pour réveiller l’opposition

Par : Nadia Mellal, Liberté, 2 septembre 2007

Les militants qui ont réservé hier un accueil chaleureux à Hocine Aït Ahmed attendent surtout de lui qu’il mette de l’ordre au sein du FFS en proie aux dissensions internes.

Le retour hier de Hocine Aït Ahmed, le président du Front des forces socialistes (FFS) en Algérie, n’est pas passé inaperçu. Ceci, grâce à l’accueil que lui ont réservé les militants de son parti à l’Aéroport international d’Alger. Dès midi, en effet, des militants FFS ont commencé à se rassembler à l’entrée de l’Aéroport international pour accueillir leur leader. Tenant des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire “AÏt Ahmed, président du FFS”, sans aucun autre slogan ou commentaire, ces militants, deux cents environ, observaient le silence.
L’arrivée du leader du parti en provenance de la Suisse était programmée à 14h50, et à mesure que l’on se rapprochait de cette heure, la foule devenait de plus en plus compacte, bruyante et impatiente de revoir le leader de leur formation qui doit prendre part au IVe congrès de son parti prévu les 6 et 7 septembre à Zéralda. À 14h, la foule a décidé de pénétrer dans l’enceinte de l’aéroport d’Alger.
Les services de l’ordre ont laissé faire. À un militant qui commençait à chahuter, rouspéter et à critiquer le manque d’organisation, un responsable du service de l’ordre lui dira en vue de l’apaiser : “La venue de Aït Ahmed n’intéresse pas le FFS seulement, mais concerne tout le pays.” Cette explication a eu pour effet de convaincre le militant en question de garder son calme et son sang-froid. Ceci étant, la foule était surchauffée et attendait impatiemment le retour de leur leader. Tous voulaient en effet être dans les premiers rangs. D’où une importante bousculade qui a failli tourner à l’émeute. Les services de l’ordre tout comme les organisateurs de l’accueil ont eu beaucoup de difficultés à contenir la foule qui grossissait de plus en plus à mesure qu’on approchait de l’heure de l’arrivée d’Aït Ahmed. Karim Tabbou, le premier secrétaire national de ce parti, récemment désigné à ce poste, arrivé accompagné des membres de ce parti, à l’aéroport vers 14h30, a donné des consignes aux organisateurs avant d’aller accueillir avec d’autres responsables du FFS leur patron à sa descente d’avion. L’apparition du président du FFS vers 16h10 a failli provoquer l’émeute. Tout le monde voulait voir et toucher le président du parti. Surchauffée, la foule scandait des slogans traditionnels et chers au parti: “Pouvoir assassin”, “Da El Hocine, Mazalna Mouaaridines (nous sommes encore dans l’opposition”, “Assa azeka, FFS yella yella(aujourd’hui et demain, le FFS existera, existera)”. Aït Ahmed qui était difficilement accessible au regard de l’importance de la foule et de l’infranchissable impressionnant cordon de sécurité dressé autour de lui était apparu en bonne santé. Un peu pâle, mais souriant et en bonne forme.
Les journalistes présents en surnombre pour couvrir l’évènement n’ont pu arracher une moindre déclaration à Aït Ahmed, compte tenu de la cacophonie qui y régnait. Aussi le patron du FFS qui se frayait difficilement un chemin pour gagner la sortie de l’aéroport était suivi par la foule qui continuait à scander les mêmes slogans hostiles au gouvernement : “Khadarine, sarakine oua ikoulou wataniyine(arnaqueurs et voleurs et ils disent qu’ils sont nationalistes)”, “pouvoir assassin”, “Assa azeka D’a El Hocine Yella yella”. Une fois à l’extérieur de l’aéroport, Aït Ahmed a rejoint le véhicule qui l’attendait pour intégrer le siège national du parti à El-Mouradia à Alger et se réunir avec les membres du conseil national du FFS, laissant derrière lui la foule. Cette foule composée de militants fonde beaucoup d’espoir dans le retour de Da l’Hocine : “La venue de Aït Ahmed est un signe mobilisateur”, nous dira un militant. Un autre nous expliquera que “sa venue incarne l’espoir d’un changement réel au FFS”. “C’est une personnalité historique qui pèse sur les choses et peut en finir avec la crise qui secoue notre parti”, pense un autre militant. Aït Ahmed sera-t-il candidat lors du congrès à sa propre succession ? “Pour nous, ce n’est pas les questions organiques qui priment mais plutôt politiques”, dira un autre militant précisant qu’il est question “d’une initiative nationale de sortie de crise du FFS représentant une rupture avec l’actuel système en fin de règne et à laquelle prendront part les syndicats autonomes et des personnalités historiques et autonomes et indépendantes à l’image de Mehri et Hamrouche.” La venue d’Aït Ahmed, qui a suscité l’enthousiasme et l’espoir de ses militants, sera-t-elle capitalisée par ce dernier pour remettre de l’ordre dans un parti miné par des crises successives et le départ d’un nombre important de ses cadres ? La réponse à cette question viendra du congrès.

NADIA MELLAL

 
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