Retour des anciennes figures du parti

Le FFS opère son premier changement

El Watan, 13 mai 2018

Le «changement» est-il enclenché au sein du Front des forces socialistes (FFS) ? Décidément, c’est le cas.

Après la grande surprise du congrès extraordinaire du parti, tenu le 20 avril dernier, qui s’est soldé par l’élection d’une nouvelle instance présidentielle (IP) dans laquelle ne figurent pas les membres du cabinet noir, la désignation des membres du secrétariat national confirme la nouvelle orientation. L’«assainissement» promis par Ali Laskri, membre influent de l’IP, se précise.

Comme attendu, la composante de l’exécutif du parti contient plusieurs surprises. L’actuelle direction du parti est composée de nouvelles «têtes» et de nouveaux noms.

Des jeunes et d’anciens cadres sont nommés, en effet, à la tête de plusieurs postes. Mais le changement le plus remarquable est perceptible dans la composante de la nouvelle instance créée, en l’occurrence le «cabinet conseil».

Chargé de travailler en étroite collaboration avec le premier secrétaire, Mohamed Hadj Djilani, ce cabinet est composé de sept poids lourds, écartés du FFS par le cabinet noir depuis plusieurs années. Il s’agit, notamment, des anciens premiers secrétaires, en l’occurrence Ahmed Djedaï et Abdelmalek Bouchafa, ainsi que d’anciens députés, dont Dalila Taleb et Malek Sadali. Madani Yahia, Chachoua Hamid et Mougari Essaid figurent aussi sur la liste.

La nouvelle direction sera aussi marquée par le retour aux affaires des cadres marginalisés, dont le sénateur Moussa Tamadartaza, nommé secrétaire national à l’analyse et à la prospective, et Madjid Lamdani qui assumera le poste de secrétaire national aux finances et à l’administration.

Le député de Tizi Ouzou, Mohamed Klaleche, est, quant à lui, chargé des relations avec les institutions et les partis. Le nouveau secrétariat du FFS est composé de beaucoup de jeunes, dont l’économiste Mohamed Achir, nommé secrétaire national au développement durable, et Abbou Jugurtha, désigné secrétaire national à la communication.

Pratiquement, aucun membre de l’ancienne direction n’est reconduit. Même les députés ayant affiché publiquement leur préférence pour la «continuité» et qui se sont opposés à la tenue du congrès extraordinaire.

Dès l’annonce de cette direction, plusieurs anciens cadres du parti ont affiché leur optimisme et souhaitent de voir, enfin, leur parti sortir du long tunnel dans lequel il a été précipité. «Maintenant, on voit que les choses promises sont en train de se concrétiser. Le retour des enfants du parti, victimes de la politique d’exclusion est une excellente chose. Le FFS construit un consensus à l’intérieur de ses rangs», lance un ancien cadre.

Pour rappel, Ali Laskri avait esquissé, à l’occasion d’une conférence de presse, animée en avril dernier, les grandes lignes de la nouvelle politique à mettre en œuvre dans la gestion du parti. Il s’était engagé notamment «à restituer le parti à ses militants dans toutes les structures et dans son mode de fonctionnement». «Pour corriger les dysfonctionnements, nous procéderons chaque fois que de besoin à un assainissement démocratique comme préconisé par notre président, feu Hocine Aït Ahmed», avait-il lancé.

Et d’ajouter : «On doit s’améliorer (…) Il faut qu’il y ait un sursaut salutaire, redonner confiance aux militants et au peuple qui place beaucoup d’espoir en le parti.» Cette déclaration a irrité le chef du groupe parlementaire, un proche des cousins Baloul, qui a contredit Ali Laskri en prétendant que «le FFS a toujours été entre les mains de ses militants».
Madjid Makedhi

 
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