Migration illicite : Plus de 1350 disparus en Méditerranée en moins de 5 mois

El Watan, 18 mai 2017

La tragédie migratoire qui se joue en Méditerranée n’est, décidément, pas près de se terminer.

De janvier au 16 mai de l’année en cours, ils étaient au moins 1350 migrants illégaux à avoir laissé leur vie ou disparu en mer en tentant de traverser la Méditerranée pour atteindre les côtes européennes. Près d’une centaine d’entre eux, recensés lors de ces dernières semaines, fait ressortir le macabre bilan du bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) : «Après le sauvetage de 500 survivants ce week-end en Méditerranée, il y a des craintes pour la vie de 20 autres personnes portées disparues, selon les rapports provenant des services de sauvetage en mer entre l'Italie et la Libye», s’inquiète l’agence onusienne, dans un communiqué transmis à notre rédaction par Rosa Otero, assistante de communication et des relations extérieures au bureau du HCR en Espagne.

Des enfants et plusieurs femmes et, principalement du Nigeria, Côte d’Ivoire et du Bangladesh étaient parmi les victimes. Sept corps ont été repêchés pour être acheminés avec les survivants vers Trapani, est-il indiqué dans le même document. Face à la multiplication de tels drames, l’UNHCR réitère son appel à «des alternatives à ces passages dangereux pour ceux qui ont besoin d’une protection internationale ; des routes accessibles et plus sûres en Europe, le regroupement familial, la réinstallation ou des programmes de parrainage privé».

Et d’insister : «Sauver des vies doit être la priorité absolue. Devant la persistance d’abus horribles des réseaux des trafiquants, il est nécessaire de prendre, sans attendre, des mesures avant que d’autres gens ne tombent entre les mains de ces réseaux. Cela implique le redoublement d’efforts pour résoudre les conflits, en particulier en Afrique, et mieux utiliser l’aide au développement.»

Car c’est bien en Afrique que les départs, encouragés par les réseaux mafieux transfrontaliers spécialisés dans la traite d’humains, à la recherche d’une vie meilleure et plus sûre, surtout, sont les plus nombreux. Au 10 mai 2017, pas moins de 53 386 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer.

La grande majorité, des Africains, ont débarqué en Italie, le reste en Grèce, à Chypre et en Espagne. Ainsi, une baisse sensible a pu être constatée comparativement à la même période de 2016, où le nombre d’arrivées était nettement plus grand avec 187 970, selon le tout dernier décompte établi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), basée à Genève (Suisse).

L’Italie demeure, toutefois, la destination la plus prisée par les migrants/réfugiés. Rien qu’aux 10 premiers jours de mai de cette année, près de 8000 migrants enregistrés, soit près de 1000 personnes/jour, un rythme bien plus élevé qu’en mai 2015 et 2016, relèvent les représentants de l’OIM à Rome.

Ces derniers feront, en outre, remarquer l’étendue de la présence, de plus en plus perceptible, de migrants bangladeshis et marocains. Ils représentent, à eux seuls, plus de 7000 sur les 30 000 nouveaux arrivants en Italie, en provenance d’Afrique du Nord de janvier au 10 mai 2016 alors qu’une année auparavant, ils étaient moins d’un millier.
Naima Benouaret

 
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Criminalisation de la migration  
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