Algérie-France : les essais nucléaires parmi les « dossiers en suspens »

El Watan, 13 février 2017

Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a présenté lundi à Illizi les essais nucléaires au Sahara comme une preuve de l’atrocité des crimes commis par la France coloniale et dont les retombées néfastes sur la santé des populations locales persistent à ce jour.

"Ces essais sont une preuve de l’atrocité des crimes commis par la France coloniale au Sahara algérien, contre l’Homme et l’Environnement, et dont les radiations continuent à ce jour à causer des dégâts considérables sur la population, la faune et les constructions", a affirmé le ministre en ouverture d’un séminaire national sur "Les essais nucléaires françaises dans la Sahara algérien, impact sur l’homme et l’Environnement". Ces évènements douloureux vécus par la région de Reggane (Adrar) et In-Ecker (Tamanrasset), et dont le peuple algérien commémore le 57ème anniversaire, font partie des "innombrables crimes perpétrés par le colonialisme contre le peuple algérien", a-t-il souligné.

M. Zitouni a appelé à la préservation de la mémoire historique et collective du peuple algérien, en mettant en exergue et en glorifiant les sacrifices des aînés et en les léguant aux générations dans toute leur grandeur et avec une grande fierté. "Ce à quoi oeuvre le ministère des Moudjahidine à travers l’intérêt porté à l’écriture de l’Histoire et sa transmission par tous les voies et moyens", a-t-il soutenu. S’agissant de la question des indemnisations des victimes des essais nucléaires dans le Sahara algérien, le ministre a indiqué qu’elle figure parmi les dossiers en suspens entre les deux parties (Algérie et France), dans son aspect lié à la prise en charge des séquelles de l’ère coloniale et à la mémoire collective du peuple algérien, nécessitant ainsi une méthodologie d’action judicieuse et son étude par le canal diplomatique.

Un groupe de travail intersectoriel a été mis sur pied pour traiter ce dossier de l’indemnisation des victimes des explosions nucléaires françaises au Sahara, et les discussions algériennes se poursuivent, à ce sujet, dans le cadre d’un comité gouvernemental intersectoriel, a-t-il fait savoir. Dans le cadre de ce séminaire d’une journée, le directeur du Centre national des études et recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er novembre 1954, Djamel Eddine Miaâdi, a rappelé que ces essais nucléaires françaises au Sahara constituent lÆun des principaux thèmes de séminaires locaux et nationaux visant à diffuser la culture historique et à ancrer le sens patriotique aux générations postindépendance. Ces essais nucléaires, une tragédie environnementale

Dans une allocution intitulée "Essais nucléaires françaises au Sahara algérien, une tragédie environnementale, exemple d’In-Ecker", le Dr Mohamed Haggari (Université de Tamanrasset) s’est penché sur le concept de l’environnement et de l’écosystème, et les catastrophes sur l’homme et sur l’environnement engendrées par ces essais. Dr Bachir Médini (Université d’Alger) a, de son côté, énuméré les crimes nucléaires commis par la France coloniale en Algérie, soulignant que l’intérêt de la France pour le Sahara algérien s’était manifesté dès l’année 1884, avec déjà la bataille de Tit, dans la wilaya d’Adrar, ainsi que par l’élaboration en 1902 d’une loi, via l’Assemblée nationale française, faisant du Sud algérien un territoire français.

Le président de la FOREM, Dr Mustapha Khiati, a abordé la question sur le plan du droit humanitaire international, signalant que plus de 500 essais nucléaires ont été entrepris en Algérie, dont des essais aériens et d’autres souterrains. Un hommage a été rendu, à lÆ’occasion de ce séminaire, par la population du Tassili N’ajjer au président de la République, Abdelaiz Bouteflika, pour ses efforts durant la glorieuse guerre de libération et pour le développement du pays durant la période de sa Présidence. Le ministre des moudjahidine s’était auparavant recueilli au cimetière des martyrs ou il a été procédé à la lecture de la Fatiha du saint Coran à la mémoire des Chouhada, avant de visiter une exposition de documents et publications historiques du ministère des Moudjahidine, organisée au centre universitaire d’Illizi auquel il a remis un lot d’ouvrages.

Il avait présidé dimanche l’ouverture de la 10ème édition du salon de Livre de la wilaya d’Illizi, qu’abrite la maison de la Culture Athmani Bali, et baptisé l’artère principale à l’entrée Nord de la ville, qui portera désormais l’appellation du 1er Novembre 1954, avant de tenir une rencontre avec les membres de la famille révolutionnaire et la société civile.

APS

 
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Algérie, chasse gardée de la France  
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