Nouvelle trêve Touaregs-Bamako

La médiation algérienne aboutit à la libération d’un groupe d’otages

par Djamel B., Le Quotidien d'Oran, 22 septembre 2007

La rébellion touarègue a libéré sept otages parmi la trentaine retenus au Mali depuis la fin août, grâce aux médiateurs algériens. Selon des sources algériennes citées par l’APS, suite à une demande du gouvernement malien, la médiation algérienne a permis la libération d’un premier groupe d’otages composé de cinq civils et de deux militaires, retenus par les hommes d’Ag Bahanga. «Cette médiation algérienne, soutenue par les membres de l’Alliance a fait que Ag Bahanga et les autorités maliennes aboutissent à une trêve. En outre, il y aura des libérations progressives d’otages en fonction, simultanément, des retraits des forces maliennes de la région. L’objectif étant d’arriver à la situation d’avant le 23 mai 2007», ajoute la même source.

L’information a été confirmée par le médiateur touareg, Al-Ghabas Ag Intalla, joint par l’AFP. «Sept otages viennent d’être libérés», a déclaré Al-Ghabas, député et fils du chef d’une tribu touarègue, notable de la région de Kidal, où est située la localité de Tinzaouatène, à environ 2.000 km au nord-est de Bamako. Le même médiateur avait affirmé que Ibrahim Ag Bahanga a libéré cinq civils et deux militaires. «Ils nous ont été remis, à un délégué algérien et à moi-même», a ajouté le notable qui n’a pas fourni, dans un premier temps, d’autres détails.

Une trêve mettant fin aux attaques des rebelles touaregs contre l’armée et aux ripostes de celle-ci avait été annoncée le 18 septembre, trois jours après le début d’une «mission d’apaisement», dans le nord-est malien de Al-Ghabas Ag Intalla et de deux autres notables touaregs. Les autres médiateurs de la délégation sont Aladi Ag Alla, ex-dirigeant rebelle touareg des années 1960, et Bayène Ag Ahawali, ex-maire de Kidal et membre de «l’Alliance démocratique pour le Changement du 23 mai» (ex-rébellion touarègue).

Le gouvernement malien avait officiellement demandé, mercredi, à l’Algérie de participer «aux efforts de retour à la paix» dans le nord du Mali, au lendemain de l’entrée en vigueur de cette trêve. Le président de la République malien avait reçu, mercredi, l’ambassadeur d’Algérie au Mali, à qui il a demandé la participation de son pays aux efforts de retour à la paix dans le nord du Mali

Une source proche de la présidence de la République malienne a indiqué que l’Algérie, qui a déjà joué un rôle ces derniers jours pour apaiser la situation, est désormais officiellement «facilitateur» pour accompagner les Maliens sur la route de la paix. Le diplomate algérien Abdelkrim Gheraïeb, fin négociateur, est très familier du dossier touareg du nord du Mali, avait, en effet, déjà obtenu du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, en 1999, la libération de militaires de l’armée régulière qui avaient été enlevés pour exiger que le village de Bahanga, situé dans le nord-est, soit érigé en commune rurale dans le cadre de la décentralisation.

C’est également l’ambassadeur de l’Algérie au Mali qui a dirigé les négociations entre les ex-rebelles touaregs du Mali et le gouvernement malien qui ont abouti, en juillet 2006, aux «Accords d’Alger». Ces accords avaient marqué la réconciliation entre les deux parties, après l’attaque de deux camps militaires de Kidal par les ex-rebelles. La nouvelle trêve annoncée, mardi, par Ibrahim Ag Bahanga, chef des rebelles touaregs, auteurs de plusieurs attaques contre l’armée malienne depuis fin août, a été respectée mardi et laisse entrevoir une sortie de crise.

Les hommes de Ag Bahanga avaient enlevé les 26 et 27 août une cinquantaine de personnes dans le nord-est, malgré des accords de paix signés en juillet 2006 entre le gouvernement malien et les ex-rebelles touaregs sous l’égide de l’Algérie. Depuis, 20 otages environ ont officiellement recouvré la liberté.

Une première trêve décidée le 31 août, après une médiation d’un autre chef rebelle touareg, Iyad Ag Ghaly, avait volé en éclats à la mi-septembre, quand sept rebelles et un soldat avaient été tués dans des affrontements selon l’armée. Au lendemain de la seconde trêve, Ibrahim Ag Bahanga s’était dit prêt à libérer, sous conditions, tous les otages, a indiqué cette semaine un des médiateurs touaregs.

 
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