Mohamed-Tahar Chaâlal, DG de l’ANEM, l’assure

«Plus de 400 000 demandeurs d’emploi seront placés d’ici la fin 2017»

Le Soir d'Algérie, 20 septembre 2017

La morosité qu’illustrent les indicatifs économiques énoncés par, entre autres, l’Office national des statistiques depuis quelques mois ne semble pas faite pour rebuter Mohamed-Tahar Chaâlal, le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (Anem), qui a fait étalage, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, d’un optimisme à la mesure des toutes dernières orientations économiques contenues dans le plan du nouveau Premier ministre.
Le niveau de l’emploi, du moins celui atteint et que compte encore atteindre son agence à la fin de cette année, a de quoi faire taire tous les sceptiques si l’on s’en tient aux propos, étayés par des chiffres on ne peut plus parlants, du DG de l’Anem. Pour cette année, l’objectif assigné à l’Anem est d’atteindre le placement de 400 000 demandeurs d’emploi, une projection qui, à croire le premier responsable de l’agence nationale pour l’emploi, sera même dépassée puisque entre 410 000 et 420 000 placements nouveaux seront comptabilisés. En parallèle, il a été assuré, contrairement à ce qui se dit depuis quelque temps, que les deux formules destinées aux nouveaux demandeurs d’emploi, le Contrat de travail aidé (CTA) et le Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP), sont maintenues et ce, malgré les difficultés financières que traverse le pays. Il faut savoir, a rappelé M.T Chaâlal, que depuis son lancement en 2008, plus de 2 millions de personnes ont été insérées dans le monde du travail grâce au DAIP pour ensuite être orientées vers les secteurs économiques. Une formule qui a fait ses preuves donc pour le bien-fondé de la démarche de l’Anem malgré la conjoncture.
Cette année, en attendant d’atteindre la barre des 400 000 insertions, voire la dépasser, l’Anem s’enorgueillit d’avoir placé, jusque-là, 295 594 personnes. Ceci du fait que l’économie continue de créer de l’emploi, même si certains secteurs accusent un recul, à commencer par le bâtiment, qui s’est délesté de 90 000 emplois depuis l’année dernière, ainsi que les services. Des pertes d’emplois qui expliquent en partie la hausse du taux de chômage relevée entre septembre 2016 et avril dernier, en attendant les derniers chiffres de l’ONS.
A côté de ces pertes d’emplois, la montée du taux de chômage est imputée également à l’augmentation de la population active de plus de 120 000 nouveaux arrivants sur le marché du travail, et puis, il y a cette donne que constitue l’amenuisement de la consommation des ménages. En tous les cas, à l’Anem, il a été constaté, selon son directeur général, qu’il y a une certaine «transition professionnelle» qui s’opère sur le marché de l’emploi et «cette transition doit être accompagnée» comme elle l’est déjà par la formation professionnelle. Sur ce plan, M.T. Chaâlal citera comme références les 65% de créateurs de micro-entreprises à travers le dispositif Ansej issus des instituts de formation professionnelle. Des instituts qui, d’ailleurs, sont en train de s’adapter aux exigences du marché du travail comme l’illustre le lancement d’une centaine de nouvelles spécialités pour répondre, en partie, à cette fameuse transition professionnelle.
Par ailleurs, comme c’est la tendance depuis des années, le secteur privé demeure le plus grand employeur avec 78% des offres d’emploi reçues par l’Anem et 77% des placements de ces agences. Une dynamique qui se poursuivra puisque le DG de l’Anem a assuré que les 400 000 emplois créés seront dépassés à l’issue de cette année.
Des chiffres qui, évidemment suscitent quelques moues ici et là, mais ne changeront rien à leur véracité tant «ils sont exhaustifs», a assuré Mohamed-Tahar Chaâlal.
M. Azedine

 

 
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Dégradation de la situation sociale  
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