Retour de la diaspora

Un impératif en temps de crise

El Watan, 13 novembre 2017

La fuite des cerveaux, on en parle depuis des années, mais quid du phénomène inverse ? Le retour vers le pays d’origine, même s’il est timide et difficile à quantifier avec l’absence de données, est aujourd’hui une réalité. Le phénomène a évolué ces derniers temps. Cela pour dire que parallèlement aux départs importants de l’élite nationale, il y a ceux qui ont eu le courage d’effectuer un retour au bercail, avec dans les bagages des idées novatrices et des projets porteurs pour l’économie nationale.

Fin octobre dernier, le Centre culturel français (CCF) a été pris d’assaut par un nombre impressionnant d’étudiants venus s’inscrire au Test de connaissance du français (CCF). Une étape nécessaire pour des études en France.

Cette ruée a fait couler beaucoup d’encre. Le fait que cette course aux inscriptions au CCF pour réaliser le rêve français intervienne en période de crise a donné libre cours à tous les commentaires et analyses. Certains ont trouvé légitime cette tentation de joindre l’autre rive, vu les difficultés que traverse le pays et les sombres perspectives en matière d’emploi, alors que d’autres, notamment parmi la classe politique, n’ont pas manqué de lancer des critiques acerbes à ces milliers d’étudiants. Et pourtant, le phénomène n’est pas nouveau.

Le départ massif des étudiants algériens à l’étranger remonte aux années 70 avec les bourses octroyées par l’Etat à l’époque et dont bon nombre de bénéficiaires ne sont pas rentrés au pays, constituant aujourd’hui une bonne partie de la matière grise valorisée à l’étranger, mais aussi de l’immigration algérienne.

La fuite des cerveaux, on en parle depuis des années mais quid du phénomène inverse ? Le retour vers le pays d’origine, même s’il est timide et difficile à quantifier avec l’absence de données, est aujourd’hui une réalité. Le phénomène a évolué ces derniers temps. Cela pour dire que parallèlement aux départs importants de l’élite nationale, il y a ceux qui ont eu le courage d’effectuer un retour au bercail, avec dans les bagages des idées novatrices et des projets porteurs pour l’économie nationale.

Les exemples sont bien là et démontrent l’attachement des Algériens d’ailleurs à la terre de leurs ancêtres. Entre ici et là-bas avec une double présence, ils arrivent à s’organiser, en dépit des difficultés, même si certains ont abandonné le rêve «algérien» face à la rudesse du terrain. Kamel, Mourad, Zouhir, Morgane, Sophienne et bien d’autres font partie de cette nouvelle génération d’immigrés rentrés au pays au début des années 2000 pour réaliser des projets qui leur tenaient à cœur, soit en solo ou en partenariat.

C’est ainsi qu’à titre d’exemple, Jumia Algérie, Kollirama, Imadrassa, des unités de production dans l’agroalimentaire et des projets agricoles ont vu le jour à grâce à une volonté de réussir dans son pays d’origine. Une volonté qui a permis aux porteurs de ces idées de surmonter tous les obstacles «même si le terrain est souvent rude», s’accordent-ils à dire.

Déjà en 2014, vingt-cinq projets d’investissement dans divers secteurs avaient été annoncés dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’industrie agroalimentaire, de l’agriculture et des TIC à Alger, Tizi Ouzou, Khenchela, Oum El Bouaghi, Béjaïa, Constantine, Oran, Mostaganem, Tlemcen et Sidi Bel Abbès.

Depuis, les appels se sont multipliés du côté des pouvoirs publics à l’égard de ce réservoir d’élites à l’étranger pour les inciter à venir contribuer à la construction de l’économie hors hydrocarbures. C’est le cas en particulier depuis 2015 avec les difficultés financières. A partir de cette période, le cap est mis, entre autres, sur le développement de l’entrepreneuriat innovant et le transfert de la connaissance avec l’appui de la diaspora, d’autant que l’Algérie dispose d’une importante communauté de compétences expatriées organisées, dont l’apport serait le bienvenu dans le contexte actuel.

D’ailleurs, tout récemment, en octobre dernier, on a annoncé le retour de plus de 200 chercheurs de la communauté algérienne établie à l’étranger activant dans d’importantes entreprises de haute technologie dans le monde dans le cadre du projet Alger smart ville. Ce qui fera dire à Mme Fatiha Slimani, responsable du dit projet : «Les compétences nationales de la diaspora reviennent au bercail, c’est pour dire que l’exode de la matière grise algérienne commence à connaître le phénomène inverse, nos scientifiques rentrent au pays.»
Le professeur Riad Hartani fait partie de ces jeunes scientifiques qui sont revenus au pays.

Lui qui a à son compte la création d’un incubateur (endroit où se développent les start-up) à la Silicon Valley (Etats-Unis) et qui a participé à la création de la ville intelligente de Séoul, occupe actuellement le poste de consultant à la wilaya d’Alger, selon la chargée des investissements de la wilaya. Un autre chercheur a été récupéré dans le nucléaire. Mais il a dû renoncer à bien des avantages.

dossier réalisé par Samira Imadalou


Aziz Nafa . Chercheur au CREAD

«La crise est plutôt une opportunité pour l’investissement de la diaspora»

Ces dernières années, dans les discours, les appels au retour de la diaspora pour contribuer à la construction de l’économie se sont multipliés. Mais des conditions devraient être assurées...

En effet, vous l’avez bien souligné «ces dernières années», le gouvernement algérien ne cesse de faire appel, en particulier, à sa diaspora d’affaires, pour participer au développement de l’économie nationale. Plus concrètement, en 2014, le défunt Mohamed Seghir Babès avait lancé un appel à contribution et de soutien au développement économique de l’Algérie, notamment à la communauté des chefs d’entreprise, d’opérateurs économiques et des scientifiques établis en France et dans le reste du monde.

En 2016, l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, appelle les hommes d’affaires algériens établis aux Emirats arabes unis et en France à venir investir dans leur pays. Cet appel reste d’actualité et émane, aujourd’hui, non seulement du gouvernement, mais également des walis, à l’exemple de celui d’Alger, faisant appel à 200 architectes de la diaspora pour repenser la ville d’Alger, des formations politiques, du patronat et des associations.

Comme vous pouvez le constater, cet intérêt pour la diaspora ne découle pas d’une approche stratégique mise en œuvre pour développer des passerelles et des liens constructifs dont l’aboutissement ultime, l’édification de l’économie nationale sur le moyen-long terme, comme il est le cas de certains pays, à titre d’exemple, le cas de l’Irlande est très illustratif.

En effet, les Irlandais ont été pionniers dans l’activation de la diaspora irlandaise aux Etats-Unis pour attirer des investissements directs. Au début des années 1980, le pays a pris des mesures décisives pour renouer de manière active avec ses émigrés ou des hommes d’affaires prospères d’origine irlandaise. En 1986, l’Irlande était l’un des pays les plus pauvres de l’Union européenne, vers le début des années 2000, c’est devenu l’un des plus riches. Le moteur de cette nouvelle prospérité a été l’investissement direct étranger.

Durant cette période, les Irlandais ont attiré d’immenses capitaux d’Amérique, en grande partie grâce aux attaches personnelles et familiales, et ils ont utilisé cet argent pour construire des usines. La diaspora a été essentielle pour initier la reprise, lors de la crise financière qu’avait vécue l’Irlande, par des incitations économiques, par une stratégie d’influence ciblée, ils ont, par exemple, attiré les sièges européens de nombreuses sociétés internet.

Lorsque l’approche se fonde essentiellement dans un contexte de recomposition politique ou de turbulence économique, telle la crise financière que vit l’Algérie depuis quelques années, à mon sens, il est difficile d’aboutir à des résultats concluants et surtout à convaincre la communauté algérienne établie à l’étranger de la bonne volonté des pouvoirs publics !

La relation des pouvoirs publics avec sa diaspora est complexe, et ce, depuis les années 1970, en raison notamment, du non-retour des boursiers de l’Etat qui préféraient rester dans le pays d’accueil après la fin des études, qui a provoqué une rupture des liens, pendant plusieurs années. Depuis les années 1990 à ce jour, les motivations de départ et le profil des migrants algériens sont complètement différents. La diaspora algérienne est très attachée à son pays et exprime une volonté réelle de créer des liens et des passerelles avec l’Algérie et de contribuer à la construction de l’Algérie, son pays d’origine.

En me référant aux différentes enquêtes que j’ai menées auprès de notre communauté, la reconnaissance et le respect sont les éléments essentiels que revendiquent et qu’attendent les entrepreneurs de la diaspora. C’est dans cette logique que pourrait s’établir la confiance et à partir de cette confiance que la synergie s’opérera ! L’exemple de l’Irlande le montre bien.

Les représentations diplomatiques dans le monde représentent l’ossature de cette confiance. Leur rôle est fondamental et déterminant. Elles devront se rapprocher beaucoup plus de sa communauté, l’identifier, l’écouter, l’accompagner, la rassurer et la motiver. Cette proximité développera davantage de patriotisme et le sentiment d’appartenance.

En second lieu, créer un ministère ou secrétariat général de la communauté algérienne à l’étranger, c’est un signal très fort qui véhicule respect et considération pour cette communauté. Il est nécessaire et indispensable, aussi d’internationaliser la banque et l’assurance algériennes pour être à proximité et faire bénéficier l’Algérie des rentrées de devises. Pour terminer, lever les entraves administratives qui excluent les binationaux à avoir accès à certains services (exemple ouvrir un compte bancaire) et faciliter l’acte entrepreneurial en créant un guichet unique pour les entrepreneurs de la diaspora, et d’autres…

Quels sont les principaux résultats de l’enquête que vous avez effectuée sur cette question ?

L’objet de cette enquête consiste à observer l’état des lieux de l’investissement de la diaspora et son rôle dans le développement de l’entrepreneuriat innovant en Algérie. En réponse, nous avons mobilisé deux enquêtes ayant touché 174 entrepreneurs de la diaspora, dont 36 entretiens et 138 par questionnaire.

L’absence des données statistiques sur les entrepreneurs de la diaspora laisse apparaître un obstacle considérable pour identifier et mesurer cette population. Nos résultats permettent de démontrer les impacts de l’entrepreneuriat de la diaspora sur le développement économique en Algérie, notamment dans certains secteurs. Ces effets positifs sont perceptibles à plusieurs niveaux : des entreprises créatrices d’emploi ; des entrepreneurs innovants ; des entrepreneurs exportateurs.

Il est important de revenir sur l’identification de ces entrepreneurs pour mieux saisir ces résultats. Nous sommes en présence de jeunes entrepreneurs, 44% varient entre 36 et 45 ans et 24% d’entre eux ont 26 à 35 ans. Le reste a plus de 46 ans et à très faible taux, des personnes âgées entre 18 et 25 ans. Concernant leur situation matrimoniale, 64% de la population enquêtée sont mariés, 24% célibataires et 11% divorcés. Le dernier pays de résidence est la France pour plus de 74% d’entre eux, suivie des Etats-Unis et du Canada, avec respectivement 9 et 8%. D’une manière générale, la migration algérienne se situe en Europe avec 80% de l’ensemble des enquêtés. L’Amérique du Nord vient en deuxième position avec 16,45%, et dans une moindre mesure, les pays du Golfe ont un taux de 3,55%.
Nous avons ainsi identifié, à partir de cette enquête, des entrepreneurs réfléchis avec des projets, d’investissement pour la grande majorité d’entre eux, novateurs pour le marché algérien. Ils sont conscients des potentialités de marché et de par leur expérience, ils analysent le marché et déterminent ainsi les secteurs ou segments de marché à investir. Leur asymétrie d’information sur les règles de fonctionnement du marché et leur méfiance vis-à-vis de l’inconnu les encouragent à solliciter les réseaux professionnels ou leur capital social.

En effet, l’analyse conforte l’importance des réseaux dans le processus entrepreneurial de la diaspora d’affaires, notamment pour parer aux différents obstacles rencontrés, au niveau administratif et bureaucratique et pas seulement.

L’importance des réseaux de la diaspora est aussi perceptible par leur organisation nationale et transnationale et leur mobilisation pour le développement de l’entrepreneuriat innovant en Algérie, à partir des programmes, des formations et de financement de certains projets novateurs dans les technologies nouvelles. Les résultats de cette recherche mettent en exergue la prédominance du secteur des technologies de l’information et de la communication chez les entrepreneurs de la diaspora, répartis dans la production des biens et des services.

L’ingénierie est également une des activités plébiscitées par cette catégorie d’investisseurs. Notre analyse a également abordé des aspects liés au management de l’entreprise et des activités de l’entreprise. Les résultats, qui en découlent, dévoilent la présence d’un comportement stratégique, qui s’exerce au niveau interne de l’entreprise et au niveau externe vis-à-vis des autres acteurs du marché. L’approfondissement des analyses sur le rapport des entrepreneurs à la gestion des entités et les choix stratégiques auxquels ils ont opté laisse apparaître un entrepreneur «leadership stratégique».

Quelles sont les contraintes rencontrées sur le terrain par les entrepreneurs issus de l’immigration ?

En plus des contraintes que rencontrent les entrepreneurs novices locaux, qui se résument souvent à la lourdeur administrative, les délais d’attente et la bureaucratie, les entrepreneurs de la diaspora font face à d’autres difficultés.

Le climat des affaires algérien est considéré par l’ensemble des individus comme un véritable handicap pour le développement des affaires et des activités économiques.

Néanmoins, étant conscient de la complexité de l’environnement des affaires, les entrepreneurs adoptent des stratégies pour pallier aux manques d’information sur les pratiques et les procédures administratives en passant par des réseaux de famille et d’amis, professionnels, de la diaspora, et des réseaux sociaux. Ils se font accompagner dans leurs démarches ou désignent un intermédiaire qui aura pour mission la charge administrative et bureaucratique.

En revanche, la règle des 49/51% constitue pour certains un frein pour l’investissement de la diaspora en Algérie. Les résultats de ma recherche montrent qu’une partie non négligeable vit entre ici et là-bas pour des raisons notamment familiales, dont tant de difficultés les entravent. Lorsqu’ils créent des activités en tant qu’Algériens, ils sont alors épargnés de la règle 49/51, mais ne sont pas autorisés à transférer des dividendes ou une partie de leur salaire à la famille installée dans le pays d’accueil, compte tenue de la législation algérienne. Lorsqu’ils investissent en tant qu’étrangers, ils perdent alors beaucoup d’avantages.

Dans certains cas, le manque d’écoles internationales en Algérie constitue un handicap pour les familles d’entrepreneurs, puisque leurs enfants n’ont pas forcément accès à l’enseignement de l’arabe dans les sociétés de résidence. Pour cette raison, les entrepreneurs mariés et issus de l’immigration vivent souvent entre ici et là-bas, puisqu’ils maintiennent la résidence de la famille dans le pays d’accueil et préfèrent ainsi gérer leur investissement en Algérie en circulant plusieurs fois dans l’année. Aussi, le contexte socioéconomique, la stabilité politique et juridique sont des facteurs déterminent des perspectives de développement de l’entrepreneuriat de la diaspora en Algérie.

Est-il possible d’évaluer l’apport de ceux qui sont revenus au pays pour entreprendre ?

Aujourd’hui, il est quasiment impossible d’évaluer l’apport de cette diaspora en Algérie, parce que c’est une communauté qui est diluée dans les statistiques. Je m’explique : lorsqu’elle se propose avec son identité algérienne, elle est considérée comme étant algérienne à part entière, lorsqu’elle use de sa double nationalité, alors elle est considérée comme IDE (Investissement direct étranger) !
Les organismes publics chargés de l’investissement (ministère de l’Industrie et les différentes agences et dispositifs) devraient introduire sur les dossiers, une mention permettant d’identifier les entrepreneurs de la diaspora des autres locaux. C’est à partir de là, que nous pourrions avoir connaissance, approximativement, du nombre global d’entrepreneurs issus de l’immigration, des secteurs investis et de la valeur ajoutée créée par ses entreprises. C’est à ce moment que nous pourrions évaluer et mesurer l’apport de l’investissement de la diaspora dans le revenu du pays (PIB).

L’exemple de Bangalore, un territoire technopolitain en Inde, est devenu un centre universitaire, scientifique (qui compte plus de 2000 chercheurs) et économique considérable. Il est considéré comme la «Silicon Valley» indienne et l’exemple d’un pôle de compétence d’importance mondiale axé sur les nouvelles technologies, particulièrement la sous-traitance dans les domaines des logiciels informatiques, de la biochimie (fabrication de molécules pharmaceutiques...) de l’aérospatiale.

Cette merveille indienne est construite par les ingénieurs de la diaspora indienne qui ont travaillé à la Silicon Valley, dans les années 1990 et début des années 2000. C’est un apport considérable, qui fait de l’Inde, aujourd’hui, une puissance mondiale dans le domaine des TIC.

La crise ne risque-t-elle pas de freiner ce phénomène, surtout qu’en parallèle, il y a fuite des cerveaux ?

A mon sens, la crise est plutôt une opportunité pour l’investissement de la diaspora. Comme je disais plus haut, en plus d’une politique claire, notre diaspora a besoin de garanties et de reconnaissance. La crise financière que vit l’Algérie aujourd’hui n’empêcherait pas les entrepreneurs issus de l’immigration à venir investir. Ce qui, à mon sens, bloquerait l’investissement de la diaspora et c’est aussi valable pour les IDE, c’est le manque de visibilité politique, juridique et économique en Algérie.

Cette réalité, créée, a accentué sa méfiance et le manque de confiance, également valable pour l’investissement des locaux. Avant tout, l’entrepreneur est un agent économique qui mesure le risque et évalue le gain. Au contraire, par patriotisme et fort sentiment d’appartenance, la diaspora sera disponible à accompagner l’Algérie dans ces moments de turbulences. Néanmoins, comme je le disais, la relation devra être bâtie sur la confiance, reconnaissance et garantie. C’est comme la relation d’un couple ! Ce n’est pas une spécificité pour la diaspora algérienne, mais, c’est pareil pour toutes les diasporas du reste du monde !
Samira Imadalou


TIC , ingénierie, conseil aux entreprises, agriculture et agroalimentaire

Les secteurs favoris des porteurs de projets

Dans ce retour au bercail, c’est l’initiative entrepreneuriale qui prime. Ce ne sont pas les idées qui manquent dans ce cadre. C’est ce que montre justement une enquête de Aziz Nafa, chercheur au Centre de recherches en économie appliquée au développement (Cread) qui conclut que les TIC, l’ingénierie et le conseil aux entreprises, l’agriculture et l’agroalimentaire sont les secteurs dominants.

L’analyse des résultats de l’enquête en question fait apparaître une prédominance du secteur tertiaire avec 65% des projets réalisés, suivi par le secteur quaternaire avec 28% et, en troisième position, le secteur secondaire qui regroupe 7% de l’ensemble. M. Nafa explique cette prédominance par la formation de base des personnes enquêtées, à savoir essentiellement les sciences économiques et de gestion et l’informatique.

Un acquis auquel s’ajoute l’expérience professionnelle accumulée dans les pays d’accueil. Cependant, ces connaissances sont souvent sous- exploités par manque de volonté mais aussi en raison des innombrables entraves sur le terrain. Vient en pole position le climat des affaires entachés par les lourdeurs administratives. C’est du moins ce qu’a conclu l’enquête de Aziz Nafa menée auprès de 174 entrepreneurs de la diaspora via 136 questionnaires.

«Trop de souffrances»

En effet, pour les freins à l’investissement, la bureaucratie, la politique instable et la corruption sont les principaux points soulevés par les entrepreneurs. C’est ce que nous avons également tiré des témoignages recueillis entre succès story, échec et déception.
Morgane, la trentaine, une Algérienne immigrée de troisième génération titulaire d’un MBI nourrie en agroalimentaire et dans son enfance par l’amour du pays, est rentrée en Algérie pour lancer une unité de transformation de légumes et de fruits à Oran. Elle était motivée par l’accès au financement et les potentialités dans ce domaine, mais elle s’est finalement retrouvée face à des difficultés. «En plus des blocages administratifs, la ressource humaine n’est pas disponible dans l’agriculture. Il y a un manque de qualifications.

Les personnes ayant un vrai savoir-faire sont trop chères et rares», résumera-t-elle, regrettant le fait «qu’on ne laisse pas la diaspora apporter ce qu’elle a appris à l’étranger». Si c’était à refaire «je pense que je n’aurais pas tenté l’expérience, car il y a trop de souffrance et même la santé en pâtit», se plaigne-t-elle. Une réponse similaire émane de Mourad Kolli, directeur général de Kollirama, une entreprise spécialisée dans le rayonnage implantée à Béjaïa dans la localité de Oued Ghir. Mourad expliquera son retour également pour des raisons culturelles et religieuses : «Si j’étais à la place des étudiants voulant partir étudier en France, j’aurais fait pareil.» Une manière de noter que le parcours d’entrepreneur n’est guère facile en Algérie. Pour ce Franco-Algérien, patron depuis 17 ans d’une entreprise familiale lancée en 1996 (elle emploie 50 travailleurs), qui active également au Maroc et en France, c’est plutôt l’absence de culture de création de richesses qui freine tout essor entrepreneurial. «On ne se fait pas d’illusions, deux grandes difficultés bloquent l’investissement en Algérie : l’administration et le rapport qu’ont les gens avec le travail. On est plus dans le laxisme», résumera-t-il.

«Ça commence avec la compréhension de l’entreprise.
Le problème se pose jusqu’aux hautes sphères de l’Etat. Dès que quelqu’un avance, il y a suspicion. Regardez juste ce qui se passe avec Rebrab, pourtant il travaille», donnera-t-il comme exemple, avant de relater le cas d’un autre immigré recruté comme chercheur et qui a vu son salaire diviser par deux. «On est capable de payer un joueur de foot à 10 000 euros mais pas un chercheur à 5000 euros. Tout simplement, parce qu’on n’a pas envie qu’ils viennent. Si l’Etat faisait l’effort de garder le même salaire, ils seraient restés», poursuivra-t-il, pour rappeler que ceux qui choisissent le retour, ce sont plutôt les entrepreneurs qui sont entre les deux rives et souvent dans le transnational. Le cas de Mourad, tout comme celui de Morgane, est à inscrire parmi ceux déçus par les conditions d’accueil.

«Se plier aux exigences algériennes»

Contrairement à eux, en dépit des couacs du terrain, Sophienne Aubry, ce Franco-Algérien de 36 ans né à Paris et a vécu à Aïn Taya jusqu’à l’âge de 12 ans pour repartir par la suite avec ses parents en France (pour fuir le terrorisme des années 90) est différent.
Certes, il relèvera tout comme les précédents exemples la complexité des affaires en Algérie avec comme point commun les blocages administratifs, mais il affichera sa ténacité. «Beaucoup de gens sont repartis face aux entraves. Je suis tenace», confiera le patron de Jumia Algérie, un site de vente en ligne, qui a réussi à bien se placer dans le e–commerce.

Racontant son périple, il dira : «J’ai sillonné le monde, je me suis dis pourquoi pas l’Algérie mon pays d’origine. Je suis venu en 2011 avec plein d’idées novatrices, je suis resté six mois. J’ai eu la chance d’être très bien orienté. J’ai rencontré les bons relais. Au bout de quelque temps et après moult contacts, j’ai opté pour un projet de partenariat en lançant avec les allemands Jumia Algérie vers la fin 2014 après un long périple», racontera Sophienne, en précisant : «Il faut se plier aux exigences algériennes. Le processus n’est pas si compliqué que ça. Il est juste illisible. Mais entre 2011 et 2017, il faut reconnaître qu’il y a eu des évolutions.

Ce qui devrait libérer les énergies entrepreneuriales». S’affichant optimiste, Sophienne, qui est également cofondateur du site d’éducation en ligne iMadrasa, ne manquera pas de relever : «L’Algérie est une terre d’opportunités. Il y a beaucoup de choses à construire. Il faut être positif.»

Un esprit qui encourage le n°1 de Jumia Algérie à penser à d’autres projets. Pourvu que les difficultés soient levées, à l’image de la disponibilité de la ressource humaine. Car pour l’heure, pour faire face à ses besoins, l’entreprise, présente dans 43 wilayas et qui emploie 150 personnes, a du mal à recruter. «On est obligé d’assurer des formations internes», nous confiera-t-il, pour dire qu’en Algérie, il y a beaucoup plus de travail à faire par rapport à d’autres pays pour réussir son projet.

Ce qui constitue une perte de temps pour les entrepreneurs. Une situation dans laquelle se retrouvent également les opérateurs nationaux. Là, c’est toute la question du climat des affaires à prendre en charge. Idem pour le cadre de vie. Lequel freine, selon les témoignages, le retour de nos émigrés. «Nous nous sentons souvent différents de ceux qui ne sont pas partis. Il n’y a pas cet écosystème contrairement au Maroc. Mais on y travaille, on a notre réseau et on se retrouve régulièrement. On aide même ceux qui veulent rentrer en Algérie», conclura Sophienne Baudry.

Samira Imadalou


Le risque d’investir en Algérie encore trop élevé

Un climat des affaires répulsif pour les hommes d’affaires de l’émigration

Ils ont réussi à monter de prospères entreprises dans leurs pays d’accueil et voudraient en faire autant dans leur pays d’origine, mais bien des obstacles, à commencer par l’instabilité juridique et institutionnelle, les en dissuadent. Les hommes d’affaires d’origine algérienne installés à l’étranger, puisque c’est d’eux qu’ il s’agit, ont besoin, comme tous les investisseurs du monde, de lois stables, de visibilité économique à moyen et long termes, mais aussi et surtout d’un Etat de droit, à défaut desquels ils ne prendront jamais le risque d’investir et de s’investir en Algérie.

Ils partent du principe, partagé par tous les hommes d’affaires du monde, que pour qu’une entreprise puisse naître et s’épanouir en Algérie comme ailleurs, il faut absolument que son promoteur y trouve un environnement des affaires favorable, la stabilité juridique requise pour concevoir des stratégies et asseoir leurs prévisions, mais aussi et surtout, un véritable Etat de droit susceptible de les protéger contre d’éventuels abus d’autorité et autres malversations qu’une bureaucratie tatillonne pourrait leur faire subir.

Sans ces prérequis, les initiatives entrepreneuriales susceptibles de venir de l’étranger courent le risque bien réel de ne jamais voir le jour, ou pire encore, d’être stoppées dans leurs démarches après de fastidieux efforts et de coûteuses dépenses qui peuvent, comme cela a été parfois le cas, mettre en péril la santé financière de ces promoteurs souvent porteurs d’intéressants projets pour leur pays d’origine.

L’échec de nombreuses initiatives entrepreneuriales en Algérie n’est pas, comme on pourrait le croire, dû à une quelconque tare congénitale des Algériens résidents ou non dans leur pays, mais à l’insuffisance, voire à l’absence totale, de catalyseurs de l’entrepreneuriat que sont, à titre d’exemples, l’autonomie de gestion et la liberté d’entreprendre, pourtant officiellement consacrées par la Constitution algérienne, mais que l’administration algérienne refuse, aujourd’hui encore, d’appliquer en continuant à soumettre les projets de création d’entreprises ou de promotion d’investissements à des autorisations préalables qui tardent à être accordées ou, cela arrive souvent, à être refusées.

La preuve de la capacité des Algériens à entreprendre est donnée par de nombreux compatriotes de l’émigration qui réussissent de belles affaires à l’étranger et, notamment, dans les pays où l’environnement juridique et institutionnel est particulièrement favorable. En France, en Belgique, au Canada et aux États-Unis d’Amérique, les exemples de réussites entrepreneuriales sont, en effet, nombreux Uniquement pour la France, avec laquelle l’Algérie entretient, pour des raisons historiques et de proximité géographique, d’intenses courants d’affaires, le très sérieux Institut français de statistiques économiques (Insee), aurait recensé plus d’un million d’unités économiques offrant un peu plus de 2,5 millions d’emplois, démentant du coup l’image de l’émigré volant le travail des Français qui a longtemps fait le fonds de commerce des partis d’extrême droite de l’Hexagone. L’écrasante majorité de ces hommes d’affaires a pour caractéristique particulière d’avoir gravi les échelons de la réussite économique et sociale par la seule force de sa volonté, aidée en cela par la présence de mécanismes de marchés bien huilés et d’un Etat de droit en mesure de les protéger. Placés dans les conditions de travail peu reluisantes qui prévalent actuellement en Algérie, ces derniers auraient, à l’évidence, peu de chances de réussir en œuvrant dans la légalité.
Les bonnes affaires se trouvent en Algérie
Les faillites et abandons de projets qui ont sanctionné de fort nombreuses initiatives de nos émigrés en Algérie apportent la preuve de la nécessité de s’atteler dès à présent à la mise place d’un cadre plus favorable aux affaires que celui qui y prévaut aujourd’hui. Un cadre des affaires qui, du reste, n’arrête pas de régresser (voir le recul au classement du dernier Doing Busines), au moment où tous les pays du monde sans exception font des efforts louables pour améliorer leur attractivité pour les investissements, notamment étrangers.

Les chefs d’entreprises d’origine algérienne installés à l’étranger sont, nous en sommes convaincus, pratiquement tous à l’écoute d’éventuelles directives gouvernementales susceptibles d’améliorer cet environnement, le but étant de les inciter à prendre le risque d’y investir ne serait ce que pour étendre l’expansion de leurs sociétés dans leur pays d’origine. Si les initiatives entrepreneuriales restent insuffisantes par rapport au potentiel disponible au sein de l’émigration, les hommes d’affaires algériens installés à l’étranger sont toutefois nombreux à avoir contribué à la création d’entreprises en Algérie en aidant d’une manière ou d’une autre un frère, une sœur, un cousin ou tout simplement un ami, à monter et développer des affaires dans leur pays. Lorsque l’un ou l’autre de ces proches parents est à la tête d’une entreprise qui a de sérieuses prédispositions à l’exportation, il arrive même que ces derniers les aident à placer leurs produits dans le pays d’accueil en actionnant leurs propres réseaux de connaissances.

Si la plupart des entrepreneurs expatriés ont, pour le moment, exclu le retour définitif en Algérie, leur souhait quasi unanime est d’entamer dans l’immédiat un minimum d’actions susceptibles de les aider à y mettre pied pour, notamment, commencer à tisser le réseau de connaissances indispensable à la bonne conduite des affaires. La récession économique qui sévit dans certains pays d’Europe, et notamment en France où activent l’écrasante majorité des chefs d’entreprises d’origine algérienne, incite à ce type de démarche et le gouvernement aurait intérêt à saisir l’occasion pour lancer des signaux forts et sécurisants à l’adresse de ces hommes d’affaires qui peuvent beaucoup apporter au pays, notamment en cette période de fortes restrictions budgétaires dues au déclin de la rente d’hydrocarbures.

La conviction aujourd’hui ouvertement affirmée par bon nombre de ces capitaines d’industries d’origine algérienne est que les bonnes affaires se trouvent en Algérie, ne serait-ce qu’en raison de la nécessité de satisfaire une demande sociale servie à hauteur de 40 à 50 milliards de dollars d’importations par an. Autant de produits et services qu’il sera possible de réaliser sur place si le gouvernement algérien leur en donnait franchement la possibilité. Les patrons de l’émigration ont, à ma connaissance, pratiquement tous en tête un ou plusieurs projets à y réaliser, mais, la prudence, du reste tout à fait légitime, requiert de ne s’y engager que lorsqu’ils percevront des signaux forts de changement allant, notamment, dans le sens de la liberté d’entreprendre, de la stabilité juridique et de l’instauration d’un authentique Etat de droit à même de les prémunir contre les abus et les interprétations tendancieuses de lois, dont la bureaucratie algérienne est coutumière .
Nordine Grim


Kamel Haddar . Cofondateur d’iMadrassa

«L’Algérie souffre d’un déficit chronique d’image à l’international»

Quelles sont les motivations de votre retour en Algérie ?

Je voulais me sentir utile. L’Algérie a besoin de nouvelles énergies et offre beaucoup d’opportunités. C’était aussi le rêve de mon grand-père que nous apportions notre expérience au profit du pays. Lui est rentré définitivement en 1989 avec 7 de ses enfants, les 8 plus âgés sont restés en France, dont mon père.

Dans un premier temps, j’ai voulu apporter une nouvelle façon de faire de l’information indépendante, en m’attaquant aux tabous, en faisant davantage de pédagogie. J’ai donc racheté un blog de 500 000 visiteurs par mois pour en faire un site d’information influent de deux millions de visiteurs : algerie-focus.com. Après avoir vendu algerie-focus.com en 2015, je me suis attaqué à un nouveau grand défi : l’ éducation. J’ai ainsi lancé le premier site de soutien scolaire du monde arabe (www.iMadrassa.com).

Aujourd’hui, cela représente plus de 250 000 élèves qui révisent et progressent sur le site, et c’est une fierté pour toute mon équipe. Nous avons également lancé le premier jeu de société qui teste vos connaissances sur la culture algérienne : Icosium. Ma motivation principale est d’apporter des solutions durables à la population de mon pays.

Que pensez-vous des appels lancés à la diaspora pour contribuer à la construction de l’économie ?

Personnellement, je ne vois aucun appel. Nous aurions besoin d’actions concrètes, telles qu’un ministère de la diaspora, de mesures d’accompagnement (fiscalité, augmentation des revenus, etc.). Les pays qui ont décollé depuis 20 ans ont tous -sans exception- mis en place des politiques très concrètes pour leur diaspora, à l’image de la Chine, la Corée du Sud, Singapour, le Maroc, Dubaï, le Vietnam, etc. Nous sommes à la disposition du gouvernement pour partager nos convictions. Nous avons des pistes d’action très concrètes pour nous reconnecter avec notre diaspora. Il est urgent d’agir, en particulier en temps de crise.

Quelles sont les difficultés sur le terrain ?

L’Algérie souffre d’un déficit chronique d’image à l’international, en particulier envers notre diaspora. C’est à nous de faire la promotion de notre pays et de mettre en avant les avantages comparatifs de l’Algérie, et ils sont nombreux. Aucun pays dans le monde ne peut connaître la prospérité s’il n’est pas ouvert aux autres. La plus grande difficulté, ce n’est pas l’administration, ce n’est pas la réglementation, l’unique enjeu, c’est la ressource humaine. Ce n’ est pas mon opinion personnelle, c’ est celle de tous les chefs d’entreprise que je connais, et ils sont nombreux.

Nous avons besoin d’écoles de standard international, de centres de formation répondant à la demande des entreprises. Je suis ravi de voir que les premières universités privées sont ouvertes. Maintenant il faut être plus ambitieux et convaincre les meilleurs de s’installer en Algérie, à l’image de ce que fait la Chine avec Harvard, le Maroc avec l’Essec et Central Paris, le Qatar avec le MIT, Dubaï avec La Sorbonne, Singapour avec l’Insead.

Dans ce secteur, la diaspora joue un rôle-clé. Il y a tant de projets à mener pour améliorer le quotidien des Algériens, tant de projets à mener pour faire rayonner l’Algérie en Afrique et dans le monde. L’Algérie est une terre fertile pour tous ceux qui souhaitent avoir une vie professionnelle épanouissante et un meilleur confort de vie que là où ils se trouvent. Ce confort est en amélioration continue avec des investissements dans les infrastructures, le divertissement, l’éducation et la santé. Existe-t-il encore des marges d’amélioration ? Oui. C’est la raison pour laquelle la diaspora doit jouer un rôle majeur dans la transformation du pays.

Quid du climat des affaires en Algérie, notamment pour la diaspora ?

La limitation des importations constitue une réelle opportunité pour tous les entrepreneurs qui souhaitent investir dans les services, la formation et l’industrie dans tous les secteurs. C’est une opportunité unique. J’invite chacune et chacun ayant l’envie de l’entrepreneuriat à lancer son projet ici en Algérie. Toutes celles et ceux qui souhaitent contribuer à la nouvelle économie algérienne peuvent rejoindre des entreprises modernes et dynamiques du pays, et il y en a de plus en plus.

Ces entreprises ont investi énormément dans leur capacité de production, exportent en Afrique, en Europe et ont besoin de cadres pour accompagner leur croissance. Elles sont prêtes à rémunérer les talents à la hauteur de leur contribution.

Quel rôle pour l’association Atlas ?

Atlas est une association créée il y a 7 ans, qui regroupe des entrepreneurs, des cadres et des étudiants de grandes écoles d’origine algérienne ou liées à l’Algérie et tous issus de parcours d’excellence. Tous les membres passent par un processus de recrutement exigeant et sélectif visant à garantir l’adhésion aux valeurs de l’association, i.e. l’ excellence, l’entraide et le professionnalisme.

En France comme en Algérie, l’association anime le programme «Talent ! Up» (réveilles le talent qui est en toi). En Algérie, le programme vise à coacher les jeunes Algériens pour leur permettre d’intégrer les grandes écoles internationales. Depuis 2011, une centaine ont intégré les meilleures écoles en France, Angleterre, Etats-Unis et Espagne.

En France, le programme s’adresse à tous les jeunes issus de milieux modestes et vise tout d’abord à leur redonner confiance en eux et en leur avenir et ensuite à accompagner les plus motivés dans le développement et la réalisation de leur potentiel.

Le programme Talent ! Up est adossé à un fonds créé par l’association et financé par les membres de l’association et des campagnes de fund raising.

En plus du programme Talent ! Up, l’association organise des rencontres à travers de dîners de leaders mensuels ainsi que des conférences concernant les affaires et la société, notamment sur la promotion de l’égalité des chances.

Toutes ces activités visent à favoriser l’entraide et l’échange entre «Atlassiens». Elle travaille aussi à améliorer l’insertion de la diaspora souhaitant se reconnecter avec le pays. Il s’agit d’offrir aux talents professionnels d’origine algérienne établis à l’étranger une meilleure visibilité sur les opportunités du marché algérien pour favoriser des projets de retour ou de reconnexion avec l’Algérie. A travers son réseau, l’association a déjà permis des projets de retour réussis pour plusieurs dizaines de talents professionnels.

L’association est présidée, en France, par Mme Aïcha Mokdahi, présidente de la fondation Essilor, et en Algérie par Adel Haddoud, directeur général d’une filiale locale de LafargeHolcim.
Samira Imadalou

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org