Commerce: Poursuite de la hausse des prix

par Yazid Alilat, Le Quotidien d'Oran, 26 février 2017

Les prix des produits alimentaires ont enregistré au cours de ces derniers jours un emballement soudain qui inquiète pour le maintien à un seuil acceptable du niveau de vie des Algériens dans un contexte inflationniste. Les «avertissements» des opérateurs économiques quant à une hausse inéluctable des prix de l'ensemble des produits alimentaires et agro-industriels dans le sillage de l'augmentation de 2% des deux types de TVA (taux normal à 9% et taux réduit à 19%) pour 2017 sont là, bien visibles. Après la surchauffe des prix des produits agricoles, que même les conditions météo ne justifient plus et qu'il faut se rendre à l'évidence qu'un nouveau cycle inflationniste pour ce type de produits est en train de se mettre en place, c'est au tour des produits alimentaires de base de connaître la même tendance. Sur le marché, une hausse sur plusieurs produits de large consommation est constatée, avec des augmentations plus ou moins importantes. Si le sachet de lait subventionné reste à 25 dinars, celui en berlingot de type UHT passe de 60 DA à 65 DA, alors que le lait en pack passe de 80 à 90 DA, en particulier Candia. «La hausse pour le lait en pack Candia est de 10 DA, nous l'achetons à 85 DA maintenant, et on le commercialise à 90 DA la brique», explique un commerçant. «Mais, pour le lait en pack, les hausses et les baisses se succèdent. Avant, Candia était à 100 DA la brique, puis il est passé à 80 DA la brique», ajoute-t-il. Le lait étant un marché très juteux où une concurrence féroce a lieu entre les opérateurs nationaux et les groupes étrangers (Candia, Nestlé, Loya,...), les prix font du yo-yo au gré du prix de la poudre de lait sur le marché international. Pour autant, les hausses les plus significatives de ces derniers jours concernent, hormis les produits agricoles frais, les lentilles, qui passent à 200 DA/kg contre 180 DA/kg fin 2016, le sel qui est passé à 57 DA/kg avec une hausse de 7 dinars, le riz étuvé dont le prix est de 195 DA/kg, les haricots secs qui passent de 175 DA/kg à 210 DA/kg, le sucre roux qui passe à 120 DA/kg, alors que le sucre blanc reste au seuil subventionné à 90 DA/kg. Le café est en hausse également, dont celui de Nizière, qui passe de 165 DA/kg à 220 DA/kg. Certains types de yaourts ont également vu leurs prix augmenter, comme le yaourt bicouche qui passe de 20 DA à 25 dinars. Ces prix, constatés dans un hypermarché du Centre, ont connu des variations importantes entre le 4ème trimestre 2016 et le mois de février 2017. Cependant, il a été constaté que les produits subventionnés, comme l'huile, le sucre blanc, les céréales, le lait, les dérivés de céréales (spaghettis, nouilles,...) produits localement, n'ont pas enregistré de hausses, assure un commerçant qui explique que «les yaourts également n'ont pas connu de hausse». «Globalement, les produits subventionnés dont les prix ont été fixés par l'Etat n'ont pas évolué», précise-t-il. Il reste que la hausse est surtout enregistrée pour les produits agricoles frais, les fruits et les poissons. La tomate reste haussière à partir de 140 DA/kg, la pomme de terre passe à 75 DA/kg, les carottes et les navets à 70 DA/kg en moyenne, la courgette à 95 DA/kg ou le poivron à partir de 140 DA/kg. Les fruits ne sont pas en reste, puisque l'orange est à plus de 150 DA/kg en moyenne, la pomme locale à partir de 240 DA/kg, moins de deux semaines après avoir été vendue entre 150 et 200 DA/kg. Bref, les prix des produits agricoles frais, les fruits et les poissons restent dans une courbe haussière, ce qui explique une évolution des principaux indicateurs de l'inflation. Le ministère du Commerce avait même annoncé la semaine dernière une hausse des prix des principaux produits alimentaires, dont les légumes secs. Dans un bilan de l'année 2016, le ministère explique que les prix moyens de détail des produits alimentaires de large consommation ont été orientés à la hausse, les progressions les plus spectaculaires ayant touché les légumes secs, généralement importés, et les fruits. Il s'agit des pois chiches qui ont connu une hausse du prix moyen à 240 DA/kg en 2016 contre 165 DA/kg en 2015 (+46%), les lentilles à 190 DA/kg contre 161 DA/kg (+18%), le concentré de tomate (+8%), les pâtes alimentaires et le riz (+6%), le café (+4%). Début 2017, la même tendance haussière est observée, ce qui est de nature à toucher directement le niveau de vie des Algériens, qui devront repasser par la case des choix difficiles en matière de consommation. Et, indirectement, ce sera toute la sphère de la production et de la commercialisation qui sera impactée par le ralentissement de la consommation et, fatalement, la croissance économique en pâtira.

 

 
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