Tri sélectif: Des déchets recyclables vendus aux Chinois, aux Turcs et aux Saoudiens

par M. Aziza, Le Quotidien d'Oran, 14 février 2017

Une grande partie des déchets recyclables collectés dans le cadre du projet du tri sélectif, à la source, lancé à Oran, suite à un accord signé avec l'ONG R20 est vendue aux enchères à des Chinois, des Turcs et des Saoudiens.

C'est ce qu'a affirmé hier, le responsable de la communication R20 MED, Anès Houari, lors de l'inauguration de la treizième édition du Salon international des équipements, des technologies et des services de l'eau et l'environnement ‘Pollutec', à la Safex, par le ministre des Ressources en eau et de l'Environnement, Abdelkader Ouali. Anès Houari a souligné que le projet du tri sélectif des déchets ménagers a connu un bon développement.

Et de souligner, qu'aujourd'hui, des entreprises nationales mais surtout des entreprises étrangères turques, chinoises et saoudiennes mettent le paquet pour acheter aux enchères les déchets recyclables. «Ils achètent en fait, une matière première de plastique, de carton et de verre». Ce qui garantit, selon notre interlocuteur, des ressources au Centre d'enfouissement technique de la wilaya d'Oran. Mais, pour les coordinateurs du bureau de l'ONG R20, installé à Oran, la priorité doit être accordée aux entreprises nationales pour la récupération et le recyclage de cette matière première. Le responsable de la communication du R20, en Algérie, a affirmé que l'une des recommandations, émises par les participants, lors d'une rencontre multi-sectorielle, tenue le 11 février dernier, à Es-Senia «est que les déchets devront se vendre, en priorité, aux entreprises oranaises, aux entreprises de la région-ouest du pays et aux entreprises nationales, pour développer l'activité du recyclage et créer une dynamique économique, dans la région et à travers le pays».

Et d'expliquer : «le cycle des déchets doit se refermer dans notre pays. Il faut savoir que nous consommons les produits localement, on les jette et on les renvoie en Chine ou en Turquie en tant que matières premières, pour qu'on les rachète par la suite, avec un prix dix fois plus important». Le ministre des Ressources en eau et de l'Environnement, Abdelkader Ouali, avait pour sa part, demandé aux coordinateurs du Bureau R20, d'échanger, rapidement, avec l'Agence nationale des déchets, cette expérience qui a donné ses fruits dans la wilaya d'Oran. Pour le ministre, ce projet pilote, plutôt la démarche et la méthode doivent être largement diffusées, notamment du point de vue pédagogique.

Mais, il a bien signifié, devant les coordinateurs du bureau «de sortir de la wilaya d'Oran, afin de généraliser cette expérience à travers d'autres wilayas du pays». Le responsable de la communication de l'ONG R20 a précisé que le premier accord a été clôturé, fin 2016, et a été renouvelé pour trois années supplémentaires. Il a indiqué, dans ce sens, que cette expérience sera généralisée à des wilayas qui ont des relais avec celle d'Oran.

Et de préciser que dans cette deuxième partie de l'accord, il est envisageable d'exploiter les déchets organiques qui représentent 50 à 60% du volume de poubelle moyenne, alors que les déchets recyclables (plastique, carton, verre) ne représentent que 25% du volume global d'une poubelle moyenne.

Fondation DiCaprio : Quinze projets algériens sélectionnés

Quinze projets algériens, dans le domaine de l'Economie verte ont été sélectionnés, au titre d'une campagne internationale, a précisé Anès Houari. Et de souligner que ces quinze projets, émanant de différentes wilayas du pays, ont été retenus dans le cadre de la campagne internationale «100 projets pour le climat», lancée par l'ONG R20 avec la Fondation ‘Leonardo DiCaprio'. Notre interlocuteur a souligné que sur 24 projets rentables, à aspiration d'économie verte, quinze d'entre eux ont été retenus. Des projets porteurs qui doivent être réalisés à travers 9 wilayas du pays : Tlemcen, Sidi Bel-Abbès, Oran, Mostaganem, Blida, Alger, Boumerdès, Khenchela et El Oued. Les 15 projets algériens ainsi que les projets de différents pays ont été présentés au Secrétaire général des Nations unies, lors de la conférence sur les changements climatiques, à Paris.

L'enjeu, aujourd'hui, est de capter le financement car l'étude de faisabilité, seulement, de ces projets coûte cher. Il affirme qu'il y a un fonds propre de la Fondation DiCaprio qui aide les entreprises de 1 à 3%, du projet pour l'étude de faisabilité. Et qu'il y a d'autres formes d'aides où les banques assurent l'étude de faisabilité, et une fois que le projet se lance, ils récupèrent leur petite marge pour rentabiliser le prix de l'étude de faisabilité. Et d'affirmer qu'«on œuvre pour capter les financements étrangers, du moment que l'Algérie soutient les Nations unies, elle paye sa contribution, mais on capte très peu les financements». Le ministre des Ressources en eau a beaucoup misé, lors de son intervention auprès des exposants du Salon, sur la nécessité de répondre aux besoins des projets nationaux, par des produits fabriqués localement. Il a donné des instructions aux responsables concernés par la fabrication des équipements hydriques de se lancer dans la production des outils technologiques et équipements dédiés à la gestion des stations d'épuration. Il dira que «nous avons installé 177 stations d'épuration, il est grand temps pour nos opérateurs publics ou privés qui maîtrisent les infrastructures du genre, de produire les outils technologiques et équipements qui garantissent le bon fonctionnement des stations».

Et de lancer : «on a rencontré, lors de ce salon, une jeune entreprise qui est capable de produire la moitié des équipements utilisés dans les stations d'épuration, c'est un bon signe», dit-il.

 
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