Selon la BM, le pays a perdu 9 places dans son classement 2007 :

Le climat des affaires s’est encore détérioré cette année

par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 27 septembre 2007

Censé s’améliorer grâce à toute une palette de réformes engagées par le gouvernement, le climat des affaires en Algérie s’est encore détérioré en 2007, selon le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) sur la pratique des affaires dans le monde, Doing Business 2008.

Selon ce document rendu public hier, l’Algérie n’arrive que 125e dans le classement de 178 pays, sur la base de la facilité d’y faire des affaires, perdant ainsi 9 places par rapport au classement de l’année dernière où elle était 116e.

Il semble cependant que la défaillance ne soit pas propre à l’Algérie mais à l’ensemble de la région de l’Afrique du Nord, puisque, aussi bien les voisins tunisiens que marocains ont reculé dans le classement. La Tunisie 88e, qui continue de devancer l’Algérie dans ce classement, a perdu 8 places par rapport à 2006.

Quant au Maroc, qui était également devant l’Algérie l’année dernière à la 115e, a perdu cette année 14 places pour se classer à la 129e position. Le rapport de la BM note que l’Algérie n’a amélioré son classement que sur 4 des 10 aspects pris en compte pour évaluer le niveau d’évolution en matière de pratique des affaires, alors qu’elle a reculé sur 5 autres.

Ces derniers concernent essentiellement la création d’entreprises (-12), l’octroi des licences (- 4), le transfert de propriété (-3), l’obtention de prêts (-4) et la protection des investisseurs (-2). Les progrès enregistrés ont concerné l’embauche des travailleurs (+3), le paiement des impôts (+11), le commerce transfrontalier (+8) et l’exécution des contrats (+3).

Le classement n’a cependant pas bougé concernant la fermeture des entreprises, puisque l’Algérie est restée à la 45e place. Si le nombre de procédures (14) et la durée de création d’entreprise (24 jours) n’ont pas été modifiés entre le rapport 2007 et celui de 2008, le coût de cette création en revenu par habitant a quant à lui baissé passant de 21,3 % à 13,2 %, alors que le capital minimal a augmenté, puisqu’il a représenté cette année 46 % du revenu par habitant contre 45 % l’année dernière.

L’institution internationale a d’autre part relevé qu’il faut 22 procédures et 240 jours pour obtenir une autorisation pour un coût qui équivaut à 57,8 % du revenu par habitant. Les performances de l’Algérie sont jugées très faibles en matière d’accès au crédit et de divulgation d’informations sur ce dernier.

S’agissant du premier, l’Algérie n’obtient que 3 sur un indice calculé entre 0 et 10, celui-ci indiquant les lois les mieux conçues pour améliorer l’accès au crédit. Quant au second indicateur dont l’indice calculé s’étend de 0 à 6, l’Algérie n’obtient que 2, alors que 6 est l’indice indiquant l’accès intégral à l’information sur le crédit.

Le document nous apprend par ailleurs que des efforts doivent encore être consentis par l’Algérie pour améliorer les procédures et les délais en matière de transfert de propriété. Le rapport révèle dans ce sens qu’il faut 14 procédures et 51 jours pour l’immatriculation d’une entreprise avec un coût global d’enregistrement qui est passé de 9 % l’année dernière à 7,5 % cette année.

Par ailleurs, et bien qu’ayant perdu deux places sur l’aspect lié à la protection des investisseurs, l’Algérie affiche quand même des indices au-dessus de la moyenne sur les chapitres liés à la transparence des transactions et à la responsabilité des directeurs.

C’est en matière de facilité pour les actionnaires d’engager des poursuites judiciaires vis-à-vis des directeurs que des insuffisances sont enregistrées. Il est à observer sur un autre plan que les délais requis pour l’exportation ou l’importation d’un produit de ou vers l’Algérie ont été raccourcis.

Dans le premier cas, ils sont passés de 22 à 17 jours et de 23 à 15 dans le second. L’Egypte en tête des réformateurs Sur le plan régional, le rapport de la BM révèle que les réformes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord connaissent une accélération, entraînées par l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Tunisie.

C’est l’Egypte, 126e dans le classement après avoir été 165e l’année dernière, qui est en tête des réformateurs ayant simplifié leur réglementation des affaires. Dans ce pays, les reformes ont étés profondes dans 5 des 10 domaines étudiés par Doing Business.

Au total, 200 réformes dans 98 économies ont été adoptées entre avril 2006 et juin 2007. Singapour, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, Hong Kong, le Danemark et le Royaume-Uni dominent cette année le classement des pays où le climat des affaires est le plus propice.

S. B.

 
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