De Mossoul à Khan Cheikhoun via Ghaza

Gaz sarin, Tomahawks et Rideaux de fumée

Omar Benderra, 21 avril 2017

Les images particulièrement choquantes de victimes d’une attaque au gaz mardi 4 avril dans la province d’Idlib en Syrie ont été reprises par de nombreux journaux à travers le monde. Certains titres, en perte continue de crédibilité et de lecteurs, n’ont pas hésité à en faire leur « une ». Ces images, sont particulièrement brutales et leur morbidité suscite un mouvement de recul. Elles n’invitent pas à réfléchir, elles mobilisent les affects et visent à stupéfier le spectateur. Pourquoi ces images sont-elles si amplement diffusées dans une presse occidentale qui évite en général les représentations violentes ? Quelle est leur signification dans le contexte actuel ?

Lignes rouges

Sans enquêtes, ni même le moindre commencement de rapport crédible sur ce crime, les Occidentaux ont immédiatement incriminé, condamné et sanctionné le régime de Damas. La marine de guerre des Etats-Unis a lancé cinquante-neuf missiles de croisière Tomahawks (soit un peu moins de la moitié de ceux du même type utilisés contre la Libye en 2011) dans la nuit du 7 avril 2017 sur une base militaire syrienne. Les images des victimes du gazage ont servi de dossier d’accusation et de démonstration du peu de crédit que le président El Assad attache aux lignes rouges fixées par Washington. Le président des Etats-Unis aurait réagi « sous le coup de l’émotion » aussitôt repris sur ce registre par des médias occidentaux qui ne sauraient être pris en défaut d’atlantisme ou de solidarité émotive.
A Damas, le régime et ses alliés déclinent toute responsabilité quant au gazage. Russes et Iraniens proclament que les Etats-Unis ont également franchi toutes les lignes rouges en ciblant directement l’armée syrienne. Ils soulignent que la scène du crime, le village de Khan Cheikhoun dans la région d’Idlib est un objectif militaire secondaire et s’interrogent sur les raisons qui auraient pu pousser le régime à se mettre ainsi en porte-à-faux avec l’opinion mondiale.
Qu’en est-il vraiment ? Dans le brouillage permanent de l’information, il est impossible d’identifier à ce stade avec certitude les auteurs de ce crime. Les conditions actuelles de désinformation généralisée font que le drame syrien apparait plus que jamais comme un insaisissable imbroglio où les acteurs fréquentables hier passent aujourd’hui pour des terroristes, et vice-versa.

Le glissement rapide de la guerre interne au conflit géostratégique ainsi que la diversité des acteurs imposent un suivi attentif des développements sur le terrain. Le conflit syrien se déroule dans un contexte de crise permanente inhérente aux tensions structurelles d’une région durablement déstabilisée par le fait accompli de 1948 fondé sur la dépossession du peuple palestinien. Le nœud gordien israélien est à l’origine de toutes les crises régionales.

La phase syrienne de la crise structurelle au Moyen-Orient
Israël est massivement soutenu par les Etats Occidentaux et leurs clients. Le peuple palestinien bénéficie avant tout d’un soutien populaire, arabe et international. Depuis Camp David jusqu’à la destruction de presque tous les régimes du défunt Front du Refus, le soutien étatique à la cause palestinienne a fortement reculé. L’Irak, le Yémen et la Libye ont été annihilés par des agressions impériales directes ou indirectes. La Résistance palestinienne est divisée entre une Autorité corrompue et sans légitimité mais soutenue par le G7, et le Hamas islamiste ostracisé par l’Occident. Seule l’Algérie, politiquement affaiblie et éloignée du champ de bataille, continue de manifester son opposition au diktat occidental.

La ligne de fracture actuelle est toujours celle qui oppose le camp de la résistance aux partisans d’un ordre régional fondé sur la domination de l’Etat d’Israël. Un Moyen-Orient que l’impérialisme entend redessiner pour l’émietter en émirats confessionnels ou ethniques concurrents sur le modèle des pétromonarchies du Golfe. Le camp de la résistance fédère des forces composites qui vont du Hezbollah Libanais et d’organisations palestiniennes à l’Iran qui sont alliés au régime syrien. Dans le souci de maintenir sa présence et de défendre ses options, la Russie, marginalisée par l’Occident, appuie ce camp sans en partager toutes les dimensions politiques s’agissant notamment de l’Etat sioniste.

Quelles que soient ses failles et ses limites, le régime baathiste syrien qui fait le lien territorial et la continuité stratégique entre le Hezbollah et l’Iran, n’est pas aligné sur la collaboration avec les Israéliens. Il est indéniable que la Syrie n’est ni la Jordanie ni l’Egypte et c’est le refus obstiné du régime de changer d’alliances qui explique le déchainement occidental. C’est sur ce pays transformé en arène que se concentrent les efforts de déstabilisation d’une coalition occidentale dirigée par les Américains appuyés par les européens et les alliés locaux, saoudiens, qataris et turcs.

Story-telling et guerre de l’information

Le premier enseignement de la guerre civile est que la décision sur l’avenir de leur pays n’appartient plus, depuis longtemps, uniquement aux Syriens, elle est partagée par toutes les forces locales et étrangères qui alimentent et participent à la guerre. La multiplicité des acteurs en témoigne, la crise syrienne n’est plus une guerre civile opposant le régime à une opposition en armes. Il s’agit bel et bien d’une phase de la recomposition régionale entamée par la destruction de l’Irak par l’armée américaine en 2003.

Comme toutes les guerres de « regime change », la guerre en Syrie est l’objet d’une manipulation permanente de l’information. La diabolisation, par tous les moyens, du régime syrien en est l’axe récurrent pour gagner l’opinion publique aux thèses bellicistes. Ainsi, les accusations occidentales sur l’utilisation récente de gaz de combat par l’aviation syrienne ne sont étayées par aucune enquête probante. Faudrait-il prendre les déclarations occidentales pour argent comptant ? L’histoire récente invite à la prudence. On peut, au minimum, se demander à qui ce crime profite. Quel pourrait être l’intérêt de recourir à des armes interdites par un régime scruté en permanence par tous les organes de surveillance de la planète ? Un régime qui sait dans quelle posture internationale il se trouve et qui n’a strictement aucun intérêt à aggraver sa mise à l’index.

Sans commission d’enquête indépendante composée de personnalités moralement indiscutables, sans justice souveraine, toutes les versions de violations massives et répétées des droits de l’homme sont sujettes à caution et leur paternité incertaine. La rapidité avec laquelle la presse occidentale mainstream impute les attaques au gaz de Khan Cheikhoun à l’ennemi désigné est donc naturellement sujette à caution.

Ce ne sont certainement pas ces médias « embedded », vecteurs d’une propagande guerrière, qui sont en position d’éclairer l’opinion. La couverture médiatique de ces guerres au Moyen-Orient est caractérisée par son cynisme et la manipulation permanente des émotions. Le double standard est le cœur des stratégies d’information, comme le démontre la banalisation des atrocités commises par l’Occident et ses alliés. Ainsi qu’on le voit au Yémen lorsque l’armée saoudienne commet de graves exactions, cette presse observe au mieux une grande mesure quand elle ne passe pas purement et simplement les faits sous silence. Dans de telles circonstances, les envolées morales et les indignations de philosophes de service ne sont pas de mise.

Khan Cheikhoun pour masquer Mossoul ?

Lorsqu’il s’agit de justifier les agressions, de dissimuler ou de minimiser les agissements occidentaux, ces médias font preuve d’une expertise éprouvée. Les figures imposées de la gestion spectaculaire vont de la diabolisation de l’ennemi désigné aux opérations médiatiques de diversion et d’occultation de faits susceptibles de mettre à mal le story-telling officiel. La communication de guerre est avant tout fondée sur des campagnes psychologiques («psy-ops») et l’instrumentalisation émotionnelle, l’hystérisation, des opinions publiques. La sensibilité du public aux souffrances d’autrui est froidement exploitée. C’est tout le sens du «devoir d’ingérence» et des guerres «humanitaires» très largement appliquées depuis la guerre de démantèlement de la Yougoslavie. L’information est organisée, hiérarchisée et scénarisée en fonction des objectifs de guerre.

Selon des témoignages on ne peut plus fiables, l'aviation américaine a bombardé - et complétement rasé- à la fin du mois de mars un groupe d’immeubles à Mossoul sur les toits desquels étaient positionnés des soldats de l'armée wahhabite Daesh. Dans la destruction de ces édifices, plusieurs dizaines – deux cents ? - de femmes, de vieillards, d’enfants ont été tués.

Ce carnage, qui n’est pas le premier du genre, est relégué en pages intérieures de journaux qui font preuve de prudence dans la narration, et d’un remarquable sens de la nuance en présentant cet énième « dommage collatéral » avec un luxe de précautions langagières. Il n’y a, bien sûr, pas d’images « émotionnelles » du massacre.

Cette authentique expertise manipulatoire semble néanmoins avoir atteint des limites. L’efficacité des rideaux de fumée est mise à mal par la très nette désaffection du public vis-à-vis des médias classiques. L’opinion ne comprend pas que des démocraties s’allient avec des monarchies médiévales et la propagande russophobe sans nuance ne prend pas chez un public européen manifestement circonspect.

Le doute systématique qui affecte la fiabilité des médias explique largement l’importance croissante des sources alternatives sur internet. Malgré les failles de vérification et l’absence de croisement des données que l’on peut constater sur nombre de sites, en dépit du complotisme et de la prolifération des fake-news, le public occidental se détourne très nettement des faiseurs d’opinions institutionnels … L’opinion perçoit clairement qu’en Syrie comme en Irak ou au Yémen, les guerres civiles sont exacerbées par des antagonismes géostratégiques ou l’hégémonie atlantiste est contestée par des forces régionales et globales.

Le retour de la Russie et de la Chine

La manipulation de l'information tend en effet à biaiser un processus de recomposition du rapport de force induit par de nouveaux acteurs globaux. La Russie, en Europe ou dans son étranger proche centre-asiatique, tout comme la Chine, à Taiwan ou en mer de Chine méridionale, se sentent menacés par la montée en puissance des dispositifs militaires américains et de l’Otan qui ont une conception élastique du droit international. L’opinion publique comprend que les Russes remettent en question la légalité du bombardement du 4 avril dernier. Même si elle est approuvée par les Etats alliés, l’intervention américaine contre un Etat souverain est indiscutablement hors la loi internationale et ne bénéficie aucunement du soutien public européen.

La réapparition tonitruante de la Russie dans le grand jeu qui va du Caucase à l’Asie Mineure en passant par les républiques musulmanes de l’ex-URSS exaspère les milieux pour lesquels l’effondrement soviétique signait l’avènement du monde unipolaire de la Pax Americana. Il s’agit bien de ces Etats atlantistes qui regrettent l’époque de la Russie à l’encan de Boris Eltsine et d’une Chine toute à son émergence économique restait en retrait des affaires du monde. Epoque révolue où l’Occident pouvait, mensonge après mensonge, envahir et détruire l’Irak sans rencontrer de contestations internationales…

Au Moyen-Orient, la Russie – et, de plus en plus, la Chine – défend des intérêts stratégiques et des ambitions de long terme. Avec leurs limites, leurs calculs et leurs égoïsmes, ces deux puissances ont malgré tout une histoire et une vision divergentes de celle d’Occidentaux qui constatent avec dépit la contraction de leurs marges de manœuvres. Sans nourrir la moindre illusion sur la pureté des intentions de ces nouveaux acteurs, on peut observer, au minimum, que leur rôle croissant permet de sortir du tête-à-tête avec l’Occident. Que défend la Russie en Syrie ? Son unique point d’appui au Moyen-Orient mais également un pays-clef pour la maitrise d’un immense espace géopolitique de l’Asie Mineure à l’Asie Centrale. Les Russes s’opposent concrètement aux visées stratégiques saoudiennes appuyées par le G7. Il s’agit d’une confrontation le plus souvent indirecte qui fait bien peu de cas de la liberté des peuples mais se déroule dans un contexte surdéterminé par l’ultime lutte de libération décoloniale, celle de la Palestine. C’est bien à travers ce prisme fondamental que s’évaluent les stratégies d’alliances régionales.

Pour ceux qui se situent dans le camp du soutien au peuple Palestinien, il n’y a qu’un seul impérialisme, c’est celui qui porte à bout de bras le régime d’apartheid colonial israélien, nie le droit du peuple Palestinien à disposer de lui-même et à bâtir son propre Etat.

Chaos créatif et guerre permanente

Le terrain syrien est particulièrement rebutant, peu propice aux alliances stratégiques et au soutien inconditionnel. Il ne peut être question que d’alliances tactiques autour d’objectifs circonscrits. La guerre civile syrienne ne saurait être réduite à un confortable manichéisme. La contestation légitime de la dictature baathiste a été militarisée dès l’origine en 2011 par les acteurs internes et externes qui souhaitaient éliminer le pouvoir Baathiste. Cette militarisation a été nourrie par le régime lui-même pour écraser l’opposition. La cause première de l’affaiblissement du front intérieur et de l’intervention étrangère est la nature tyrannique du système politique. Les puissances étrangères et les forces d’opposition qui ont initié cette dialectique guerrière, poussant à la mort des dizaines de milliers de Syriens dans l’ignorance ou de complète sous-estimation du rapport de forces, partagent la responsabilité de ce bain de sang.

La région est écartelée par les forces centrifuges historiquement organisées par la France et l’Angleterre, les anciennes puissances coloniales aujourd’hui intégrées dans le dispositif américain, sur les décombres de l’Empire Ottoman. De la déclaration Balfour aux accords Sykes-Picot, la création de l’Etat d’Israël jusqu’aux guerres du Golfe, la division et les oppositions entre communautés ont été la norme coloniale. Pour nourrir ces antagonismes, l’armée innombrable des désespérés est toujours disponible, elle renouvelle sans difficulté ses effectifs dans les masses de jeunes déshérités, aujourd’hui fanatisés par la propagande wahhabite aux moyens illimités. La guerre civile et l’existence d’armées terroristes comme Daesh ou Al Nusra sont prétextes aux immixtions et manœuvres ininterrompues de l’Occident pour empêcher la construction d’Etats efficaces et la constitution d’un large front opposé au néocolonialisme et à l’apartheid.

Les déclarations de campagne électorale de Donald Trump sur la rupture avec les orientations néoconservatrices interventionnistes et les stratégies de «regime change » semblent caduques. Les modifications d’organigrammes à Washington qui voient l’éviction des principaux cadres opposés aux orientations de l’Establishment (comme Michael Lynn et Steve Bannon exclus du Conseil de Sécurité National) indiquent le retour aux options imposées par les faucons autour de George W. Bush. Les va-t-en-guerre de l'Establishment un temps muselés par Barack Obama et Donald Trump lui-même semblent avoir repris la main. C’est bien l’option du « creative chaos » notamment défendue par Condoleeza Rice devant l’AIPAC en 2007 qui est reprise par l’Administration Trump. La recomposition ethnico-confessionnelle du Moyen-Orient demeure l’objectif principal pour assurer la pérennité d’Israël et la protection des pétromonarchies. Les gesticulations guerrières en Syrie et les campagnes incessantes de propagande guerrière n’ont pas d’autre finalité.

Derrière les écrans de fumée…

La guerre permanente est la garantie de l’exclusion des peuples de la région, de l’hégémonie des puissances occidentales et de la pérennité d’Israël en tant qu’Etat colonial. Pour imposer un ordre injuste, les occidentaux n’ont d’autres moyens que d’imposer des représentations médiatiques tronquées et mensongères.
Mais la propagande, aussi sophistiquée et envahissante soit elle et le viol des consciences ne sont pas des moyens infaillibles ni éternels pour encadrer l’opinion. Toutes les guerres impérialistes, depuis les guerres d’invasions coloniales jusqu’aux guerres «humanitaires» commencent en effet par un mensonge inaugural. Du coup d’éventail du Dey d’Alger aux armes de destruction massive de Saddam Hussein en passant par l’incident du Golfe du Tonkin prétexte à la guerre américaine au Vietnam… Ces agressions, autant d’échecs successifs de l’Occident, sont les marqueurs de son recul global. Face à cette inexorable déclin et à la perte progressive de son influence, l’impérialisme n’a d’autres ressources qu’un surcroit de guerre.

Les écrans de fumée et les prétextes punitifs ou de démocratisation par les bombes ne trompent que ceux qui veulent bien l’être. Ce qui est en jeu au Moyen-Orient est bien la suprématie régionale de l’Etat d’apartheid imposé par l’Occident et le contrôle exclusif du Moyen-Orient en tant que centre de production et de réserve globale d’énergie fossile. Dans la confusion organisée autour des enjeux en Syrie et plus largement au Moyen-Orient, la seule grille d'analyse opératoire est celle qui se fonde sur le droit du Peuple Palestinien. C’est à cette aune première que se définissent les objectifs de tous les acteurs et la nature des alliances forcément évolutives avec les uns ou les autres.

Les négociations, seule alternative

Il revient à toutes les forces de paix d’imposer une rupture avec la logique des armes. La solidarité avec le peuple Syrien passe par le refus de toute ingérence extérieure, par la mobilisation contre la guerre et pour les négociations entre tous les acteurs représentatifs. Les pressions de l’opinion internationale doivent amener les Etats occidentaux à cesser d’alimenter un conflit sans issue. Toutes les forces vives de la région ne doivent plus être détournées de la primauté stratégique de la cause du peuple palestinien, pour une résolution juste de la contradiction principale qui mine la région.
La campagne médiatique autour de Khan Cheikhoun n’a d’autre finalité que de pousser à l’intervention directe des américains en Syrie contre le régime et de saper toute possibilité d’atteindre un accord politique. Derrière les larmes de crocodiles et les subterfuges humanitaires, il s’agit bien pour les bellicistes occidentaux d’aggraver le chaos structurel pour créer les conditions de la partition du pays. La destruction complète des Etats Irakien et Libyen devrait servir de repère : les milieux en Occident ou dans la région qui veulent exclure le régime ou qui exigent le départ préalable d’El Assad pour engager des pourparlers ne recherchent assurément pas la paix. Tout comme les divisions du front anticolonial ne profitent qu’aux ennemis des peuples du Moyen-Orient et en premier lieu aux bourreaux du peuple palestinien.

Face à une réalité sanglante, il n’est rien de plus intolérable que de subir la surenchère de ceux qui, après participé à son déclenchement, instrumentalisent la tragédie syrienne pour la perpétuer. L’indignation feinte, grossièrement sélective, de responsables occidentaux est une injure à la morale et à l’intelligence. Ou étaient-ils quand Gaza subissait les bombardements au phosphore ? Ou sont-ils quand les palestiniens subissent une occupation atroce ? Ceux qui activent pour ajouter la guerre à la guerre ne sont pas moins criminels que ceux qui font couler le sang. En Syrie comme ailleurs, il n’est de sortie de crise que par des discussions entre les parties au conflit. Seuls des pourparlers sans préalables peuvent permettre de jauger les intentions de chacun pour faire taire les armes. Ce processus de négociation permet de situer la réalité des objectifs des parties prenantes à ce conflit et de dégager les axes d’une solution pacifique acceptable par la majorité des populations syriennes.

Hors les luttes de libération nationale et pour frustrante qu’elle soit, l’action non-violente est la voie la moins coûteuse et la moins préjudiciable pour modifier une situation politique, aussi verrouillée soit elle. Les forces politiques qui souhaitent abréger le drame vécu par le peuple syrien doivent se mobiliser pour soutenir une telle démarche et créer les conditions d’un accord de paix viable et inclusif fondé sur les droits de l’homme et les libertés démocratiques.

 
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Syrie: De la contre-révolution à l'intervention?  
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